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UE/Mercosur La relance des négociations avec le Mercorsur inquiète huit Etat membres

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Dans une note qui sera examinée le 17 mai à Bruxelles par les ministres de l’agriculture de l’Union, huit Etats membres reprochent à la Commission européenne d’avoir annoncé la relance des négociations avec les pays du Mercosur (1) sans avoir procédé au préalable à un débat politique et économique avec le Conseil, « alors que les intérêts agricoles stratégiques de l’UE sont clairement en jeu ». La reprise du dialogue avec le Mercosur aura lieu ce même 17 mai à Madrid, en marge du sommet UE/Amérique Latine, à l’initiative de la présidence espagnole de l’Union.

L’annonce de la relance des négociations commerciales avec les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay) « est un très mauvais signal pour l’agriculture européenne, qui est d’ores et déjà confrontée à des défis importants », soulignent dans une note l’Autriche, la Finlande, la France, la Grèce, la Hongrie, l’Irlande, la Pologne et le Luxembourg. La Roumanie et Chypre auraient également l’intention de soutenir cette initiative. Ces pays font valoir que « les ambitions et intérêts » de l’UE et du Mercosur « ne semblent pas permettre de progrès dans cette négociation lancée en 1999, sauf à envisager de nouvelles concessions agricoles européennes, ce qui serait inacceptable ». Ces pays mettent également en avant le fait que, conformément au mandat donné à la Commission européenne en 1999, « les négociations de l’accord UE/Mercosur ne sauraient être conclues avant la fin du cycle de Doha ». Selon les estimations de la Commission, le coût économique d’un accord entre les deux parties serait de 3 à 5 milliards d’euros pour l’agriculture communautaire. En revanche, tous les secteurs confondus, un tel accord bilatéral pourrait générer une augmentation des exportations de l’UE vers le Mercosur de l’ordre de 4,5 milliards par an. Selon certains scénarios envisagés, les milieux professionnels estiment que la perte pour l’agriculture européenne pourrait atteindre jusqu’à 13 milliards d’euros. Les secteurs de la viande bovine, de la volaille et du porc seraient les plus affectés.

Ne pas payer deux fois
Pour ces pays, il est indispensable que, avant toute chose, la Commission explique ce qu’elle fera pour que ces négociations ne remettent pas en cause les équilibres socio-économiques de l’agriculture communautaire et comment elle entend s’y prendre « pour que l’UE ne paye pas deux fois » alors que les pays du Mercosur seraient déjà parmi les principaux bénéficiaires des concessions agricoles substantielles offertes en juillet 2008 dans le cadre du cycle de Doha, « concessions, précisent-ils, qui ont clairement atteint voire dépassé notre limite ultime ». Ils demandent également à Bruxelles de clarifier le point de départ envisagé pour ces négociations et comment elle entend tirer les conséquences des nombreuses négociations commerciales en cours dans le cadre de la réflexion sur l’avenir de la Pac.

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