Abonné

15e rencontres Farre La relation agricultures/recherche à un tournant

- - 3 min

Les 15e rencontres du réseau Farre, le Forum de l’agriculture raisonnée respectueuse de l’environnement étaient orientées autour de la question « Science, alliée ou ennemie de l’agriculture ? ». L’occasion, pour des agriculteurs comme pour des scientifiques, d’illustrer les changements en cours dans la relation entre ces deux secteurs… qui ne sont peut-être pas si éloignés.

Pour Jean-Paul Vinot, agriculteur dans la Marne, la relation entre l’agriculteur et le chercheur est à double sens. Emblématique de ces « paysans expérimentateurs », curieux de tester sur leurs exploitations des pratiques encore nouvelles (en l’occurrence, les techniques sans labour), Jean-Paul Vinot s’exprimait, le 15 janvier, lors des 15e rencontres organisées par le réseau Farre, le Forum de l’agriculture respectueuse de l’environnement sur le thème « La science, alliée ou ennemie de l’agriculture » ? « La recherche peut m’apporter beaucoup, estime le céréalier. Mais j’ai peut-être aussi la solution adaptée chez moi ». Ce qui ne l’empêche pas d’avoir des attentes : « J’attends de la recherche qu’elle comprenne et explique certaines de mes observations. Par exemple, j’ai de plus en plus de vers de terre dans mes sols : à quoi servent-ils précisément ? », interrogeait-il. Michaël Jacquemin, polyculteur-éleveur dans la Marne également avait des attentes, d’ordre technique et surtout, opérationnel. Et ce, sur quatre points : la productivité, l’environnement, le confort de travail de l’éleveur, et le bien-être animal.
Côté agronomes, les chercheurs se sentent devant « un changement majeur », selon les mots de Jacques Wéry, professeur d’agronomie à Montpellier Supagro : « C’est qu’on travaille sur un grand nombre de formes d’agriculture ». Il estime que « les bonnes solutions seront plus locales, mais les connaissances devront être plus globales ». Pour Jean-Louis Peyraud, directeur de recherche à l’Inra, ces solutions seront aussi « plus complexes », ce qui appelle à un décloisonnement de la science, parfois trop organisée en disciplines distinctes. Tous deux défendaient une ingénierie qui doit avoir plus de place dans la relation chercheurs/agriculteurs. Lesquels ne sont pas à opposer, a fait valoir Jacques Wéry. Pour lui, la recherche, demain, devra se pencher davantage sur ce qu’il baptise « les objets oubliés pour comprendre comment fonctionne une plante un peu malade, ou un sol peu fertile ». Jean-Louis Peyraud croit dans l’intérêt de développer les modélisations de systèmes, à combiner à l’observation de terrain, et soulignait l’importance des réseaux mixtes associant les compétences. Reste ensuite « à partager cette connaissance, ce qui veut dire : repenser les relations entre recherche, formation et développement, et accroître la réactivité entre l’acquisition de connaissance et leur utilisation. » 

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

environnement
Suivi
Suivre