Après l’avoir mis en avant lors les annonces des dérogations sur les néonicotinoïdes, le gouvernement présentera d’ici la fin de l’année le plan pollinisateurs qui avait déjà été promis aux syndicats apicoles et aux associations pour fin 2019.
Le ministère de l’Agriculture l’a évoqué début août, dans le cadre des débats épineux sur le prolongement des dérogations accordées aux néonicotinoïdes : un plan de protection des pollinisateurs sera présenté d’ici la fin d’année afin d’« apporter une vision globale sur l’action du gouvernement en matière de pollinisateurs, dans une perspective plus large que les néonicotinoïdes », explique à Agra Presse le cabinet du ministre de l’Agriculture.
Le plan comporte deux volets : d’une part, la révision de l’arrêté « mention abeille », qui encadre les traitements insecticides et acaricides en période de floraison, et qui a fait l’objet de plusieurs réunions en 2019. Le texte en cause, datant de 2003, interdit les traitements acaricides et insecticides sur les cultures mellifères en fleur, mais prévoit des dérogations pour les épandages « en dehors de la présence d’abeilles ».
Le second volet porte sur « la prise en compte des risques chroniques pour les abeilles dans les autorisations de mise sur le marché (AMM) ». Le plan « indiquera de quelle manière prendre en compte ces risques au regard des lignes directrices de l’Efsa, qui par ailleurs devraient être révisées en mars 2021, et qui ne sont à ce stade pas traduites dans des actes réglementaires », explique le cabinet.
Aucun rapport avec les néonicotinoïdes
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Pour Franck Alétru, président du Syndicat national d’apiculture (SNA), syndicat rassemblant les apiculteurs professionnels, ces annonces « n’ont rien à voir avec le dossier néonicotinoïdes ». Une réunion, retrace-t-il, a eu bien lieu en mai 2019 avec l’ensemble des syndicats apicoles et les associations de protections de l’environnement. « Mais il n’y a rien eu de fait sur le sujet depuis », déplore Franck Alétru.
Lors du dernier rendez-vous, les ministères de la Transition écologique et de l’agriculture s’étaient d’ailleurs engagés sur la publication d’un nouveau texte pour décembre 2019. « Puis le problème des ZNT est arrivé à l’automne, et on nous a dit “on verra ça au printemps”. Et le coronavirus a encore décalé les choses », regrette le président. La pilule des nouvelles annonces ministérielles, explique-t-il, passe d’autant plus mal que les syndicats apicoles n’ont pas été sollicités dans le cadre de la dérogation sur les néonicotinoides.
Franck Alétru devrait rencontrer l’équipe du ministre le 10 septembre pour évoquer ces enjeux. Et malgré les divers reports du texte à venir, précise-t-il, les revendications de son syndicat demeurent inchangées. « Ce que l’on demande, c’est que l’ensemble des traitements, y compris les fongicides, soient tous interdits en journée sur les cultures mellifères », souligne Franck Alétru. Les premières discussions sur ce sujet, rappelle-t-il, datent de 2006, alors qu’Hervé Gaymard était encore le locataire de la rue de Varenne.
Les premières discussions datent de 2006