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Céréales à paille La sélection variétale écartelée entre contraintes économiques et environnementales

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A l’occasion d’une journée de débat destinée à lancer une campagne de communication sur les semences certifiées, le Gnis a souhaité faire le point sur l’avenir du secteur. L’articulation entre contraintes économiques, liées au financement de la recherche ou aux exigences de l’aval, et environnementales semble encore difficile à trouver.

«Les semences constituent le principal véhicule du progrès génétique », a expliqué Joël Abécassis, chercheur à l’Inra, le 27 mai. Il s’exprimait dans le cadre d’une journée de débat organisée à Paris par le Gnis (Groupement national interprofessionnel des semences) sur l’avenir du secteur. De fait, avec ou sans biotechnologies, les semences apparaissent plus que jamais comme susceptibles d’apporter des réponses à un certain nombre de problèmes agronomiques ou environnementaux. Problème : le travail de sélection coûte cher. « En blé, les rendements stagnent ou sont en prudente augmentation à l’échelle mondiale, a expliqué Thierry Ronsin, sélectionneur chez Limagrain. Il faut dire qu’il y a quatre à cinq fois moins d’investissements que sur d’autres espèces ». La France ne fait pas figure de modèle : pour 2009/2010, le Gnis enregistre une baisse des ventes en semences certifiées de blé de 10 %. Or celles-ci apportent l’essentiel du financement public de la recherche, ce qui a d’ailleurs incité l’organisation à entamer une campagne de communication (voir Agra Presse hebdo n° 3254). Mais outre l’argent, les directions à donner à la recherche ne sont pas plus faciles à trouver.

Changer de paradigme
Pour Stéphane le Foll, député européen socialiste, il est temps de « changer de paradigme ». Exemple : « Les OGM ont été accaparés sur le plan de la communication par des gens qui avaient intérêt à les produire, a-t-il indiqué. Il faut inverser cette situation et se tourner vers ceux qui les consomment ». Ce qui doit se traduire par une meilleure prise en compte des attentes sociétales, que ce soit sur le plan de la qualité ou de l’environnement. Si Rémi Haquin, président de la coopérative ValFrance, est d’accord pour intégrer des contraintes environnementales dans la production, celles-ci ne doivent pas être « disproportionnées par rapport aux enjeux ». Au niveau des semences, une réflexion est entamée depuis longtemps pour construire une VATE (Valeur agronomique, technologique et environnementale) susceptible d’être utilisée comme critère d’inscription au catalogue des variétés. Pour Bernard Valluis, vice-président de l’ANMF (Association nationale de la meunerie française), « le débat est lié aux débouchés ». Ce que Rémi Haquin traduit par le fait qu’« il est important que la recherche variétale puisse nous apporter les qualités dont veulent nos clients ». L’agriculteur ne veut pas que « le tout rustique devienne la règle ». Car de telles variétés ne satisfont pas, actuellement, les critères qualitatifs des meuniers. Faudrait-il que les industriels assouplissent leurs cahiers des charges ? En tout cas, « l’amont est contraint de devoir donner un produit correspondant à l’usage final en aval », a rappelé Bernard Valluis.

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