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OIV La situation est équilibrée entre l’offre et la demande mondiales de vin

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La production mondiale de vin est relativement stable en 2009 à l’échelle mondiale, selon les éléments de conjoncture mondiale présentés le 26 novembre à Paris par l’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV). La consommation mondiale, touchée par la crise économique, pourrait s’effriter légèrement. Pourtant, l’écart l’offre et la demande sont relativement équilibrées et propices à des prix plus fermes.

La campagne d’arrachage initiée par la nouvelle organisation commune de marché (OCM) dans l’Europe à 27 a porté ses fruits, si l’on peut dire, puisque les demandes d’abandon définitif transmises à Bruxelles concernaient 160 000 ha dès la première année (campagne sur 3 ans), a précisé l’OIV. Le budget de l’OCM n’a pas permis d’accepter toutes les demandes et « seulement » 73 000 ha seront arrachés. L’Espagne, dont la viticulture est en crise, arrachera à elle seule 45 000 ha loin devant l’Italie avec 11 900 ha et la France avec 10 300 ha. Ces arrachages définitifs devraient être complétés par des arrachages complémentaires pour atteindre entre 70 000 et 80 000 ha, sur un vignoble européen qui comptait 3,804 millions d’ha en 2008. Du coup, la part de l’Europe se réduit dans le vignoble mondial, elle est passée de 69% au début des années 90 à 58% en 2007.
Il faut noter, qu’à l’inverse de ce qui se passe dans les vieux pays producteurs de l’ouest de l’Europe, la restructuration des vignobles des pays de l’Est (Roumanie, République Tchèque, Bulgarie…) entraîne une des meilleures récoltes en qualité et en quantité, selon l’OIV.

Un écart estimé à 21 millions d’hectolitres
La production mondiale de vin, estimée avec une hypothèse de variabilité de 10%, devrait se situer entre 262,8 et 273,1 millions d’hectolitres. L’évolution moyenne est donc comprise entre -1,9% et +2%.
La consommation mondiale de vin devrait se situer, elle, entre 241 et 251, 5 millions d’hl. Il est probable que le coup de frein observé en 2008 (baisse de 1%) – alors que la tendance était à la hausse depuis les années 1990 – se prolongera en 2009. La baisse de la demande de grands pays comme la Russie ou les Etats-Unis joue un rôle important dans les résultats.
« La crise économique n’a pas épargné le secteur viticole, notamment la consommation de vin. En 2009, nous avons d’une part une stagnation de la production ; d’autre part, une baisse globale de la demande », a estimé Federico Castellucci, directeur général de l’OIV.
Cependant, en prenant le milieu de la fourchette de la production et le milieu de la fourchette de la consommation, on peut calculer un écart de 21,7 Mhl (usages industriels non déduits), moins élevé qu’en 2008. Une situation plutôt équilibrée.

« Une petite hausse des prix des vins » est possible
« Les stocks n’étant pas très hauts, on pourrait s’attendre à une petite hausse des prix des vins. Ce qui n’est pas encore le cas aujourd’hui. Le marché est froid », a poursuivi Federico Castellucci. Pour l’instant, les volumes étant suffisants à fournir la demande, la concurrence continue à se faire par les prix.
« Les nouveaux pays consommateurs font du zapping en fonction des prix. Il y a du vrac à des prix très convenables pour les acheteurs. Le marché est très dur », a ajouté le directeur général de l’OIV.
La compétition s’annonce difficile pour la France qui n’est pas la mieux placée en termes de prix sur les vins d’entrée de gamme. A titre d’exemple, l’écart des prix des vins rouges et rosés sans indication géographique (ex-vins de table) se creuse en 2009 entre la France d’une part, l’Italie et l’Espagne d’autre part. Les vins français se vendent entre 3 et 4 euros le degré hectolitre alors que prix italiens et espagnols se situent entre 2 et 3 euros le degré hectolitre.

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