Pas moins de trente-neuf organisations d’agriculteurs, de ruraux, de solidarité, de consommation, de protection de l’environnement ont adressé fin février une lettre ouverte au président de la Republique pour défendre l’agriculture paysanne en Europe et dans le monde. Elles appellent à un grand débat de société sur les enjeux de l’agriculture, à l’occasion de la discussion de la loi d’orientation agricole.
Parmi les trente-neuf signataires de la lettre figurent des associations aux vocations très différentes : la Confédération paysanne, la Fédération nationale de l’agriculture biologique, la Fédération des Civam, le Réseau agriculture durable, le Réseau cohérence, le Mouvement rural des jeunesses chrétiennes… mais aussi Greenpeace ou l’association de consommateurs Léo Lagrange. En commun : la volonté d’alerter sur « les dangers et les incohérences du modèle agricole industriel dont les excès sont source de pauvreté, faim, pollutions, dérèglement climatique, problèmes sanitaires… ».
Elle souhaitent rencontrer Jacques Chirac pour en discuter avec lui et veulent s’inviter aux débats entourant la rédaction de la loi d’orientation agricole qui doit entrer prochainement en discussion au Parlement.
« Nous nous posons la question de la cohérence entre le projet de loi et les autres politiques globales ou sectorielles : stratégie nationale de développement durable, celle sur la biodiversité, la politique de coopération avec les pays du Sud (…), le Plan climat, la Plan santé-environnement, le programme national nutrition santé… », écrivent-elles dans leur courrier.
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Pour illustrer leurs propos, les associations soulignent les incohérences actuelles entre la politique menée et la sauvegarde des agricultures familiales dans les pays en développement, ou encore la préservation des emplois et des agricultures durables en France et dans l’Union européenne, la santé (dissémination des pesticides), la consommation et les circuits de distribution (demande de produits frais et sains), la protection des écosystèmes et de la biodiversité et enfin la lutte contre le changement climatique.
Les associations concluent que le choix d’une agriculture durable et solidaire aura un impact déterminant pour la mise en application des grands principes de la Charte de l’environnement si chère à Jacques Chirac.