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Inondations La solidarité paysanne à nouveau à l’épreuve

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Les régions du Sud Est ont été une nouvelle fois durement touchées par les catastrophes climatiques. Des pluies diluviennes se sont abattues surtout à l’ouest du Rhône. a expliqué Hervé Gaymard, ministre de l’agriculture devant les sénateurs alors qu’il défendait son budget, le 3 décembre. Le 4 décembre, sur le terrain alors que l’eau montait encore, les agriculteurs tentaient de sauver l’essentiel.

 « Tout le pays d’Arles est en train de se noyer » témoignait, le 4 décembre Marie-Pierre Callet, présidente de l’association « bovins 13 » dans le département des Bouches du Rhône. « L’eau monte encore doucement : on a perdu des bêtes. J’ai encore 6 taureaux dans un mètre d’eau » poursuit la présidente. Le problème est qu’on a réussi à évacuer des bêtes mais on est aujourd’hui à la recherche de terres clôturées. Pour les agriculteurs l’objectif est de parer au plus pressé. La première urgence a été de sauver les vies humaines. Ainsi on préfère laisser noyer les bêtes et les exploitations des agriculteurs, ce qui logique pour sauver des eaux la ville d’Arles résume Marie-Pierre Callet. « Sur la commune de Bellegarde dans le Gard, la situation à cette heure (le 4 décembre) est d’aider les gens » souligne Dominique Chardon, secrétaire générale de la FNSEA. « L’eau monte encore : les digues craquent. On est incapable de mesurer l’ampleur de ce sinistre. On est encore dans l’angoisse de ce qui se passe ». À la différence de l’an dernier, les vendanges ne sont plus sur pied. Des dégâts importants sont à prévoir sur les oliviers. Les éleveurs sont sévèrement touchés par la perte de tout ou partie de leur cheptel ainsi que les serristes. Quant aux caves coopératives, elles sont pour certaines inondées explique Dominique Chardon.

«Répondre à la dimension agricole»

Face à cette catastrophe, Hervé Gaymard, qui défendait le 3 décembre devant les sénateurs le budget de son ministère pour 2004, a tenu à « dire toute la mobilisation du gouvernement face aux catastrophes qu'une grande partie de notre pays est en train de vivre ». « Dix-neuf de nos départements français sont actuellement touchés par des intempéries d'une gravité exceptionnelle. Près de 4 000 personnes ont été évacuées. Nous déplorons à ce stade cinq victimes », a-t-il déclaré. « Nous n'avons pas encore les informations sur l'ampleur de cette catastrophe », a-t-il dit, précisant que 4000 agents de la protection civile se trouvaient d'ores et déjà « mobilisés sur le terrain ». Il a ajouté que cette « situation catastrophique » aurait également « une dimension agricole à laquelle il faudra répondre ».

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Solidarité nationale

Pour les chambres d’agriculture, « seule une solidarité nationale, promptement mise en œuvre, peut éviter le découragement et l’abandon pur et simple de métiers confrontés de plus en plus aux risques climatiques » explique Luc Guyau, président de l’APCA. « Une prévention mieux organisée et mieux partagée, voilà l’objectif que nous devons nous assigner afin que, face aux aléas climatiques de plus en plus nombreux, il n’y ait ni découragement, ni abandon » propose la FNSEA dans un communiqué.