La surtaxation du vin tranquille français de moins de 14 degrés d’alcool a déjà fait sentir ses effets sur les exportations françaises vers les États-Unis au cours des premiers mois de la campagne viticole. Cette mesure a pris effet le 18 octobre et, sur le seul mois de novembre, les volumes de vin français vers les États-Unis ont reflué de 15 % et de 21 % en valeur (comparé à novembre 2018). Pour les vins tranquilles, visés par la « taxe Trump », l’effet est flagrant : -18 % en volume, et -32 % en valeur. Sur les quatre premiers mois de la campagne 2019/20 (commencée le 1er août), la dégradation de l’export de vins vers les États-Unis est évaluée à 1 %. Depuis des années, le marché américain tirait l’exportation française, fait remarquer Audrey Laurent, chargée d’études économiques viti-vinicoles à la prospective de FranceAgriMer.
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Pour faire face à cette situation, les professionnels du vin demandent un fonds de compensation pour se lancer sans incertitudes à l’exportation vers les États-Unis. Si le ministère de l’Agriculture plaide à Bruxelles pour un fonds européen, les professionnels estiment qu'un fonds français aurait plus de chance d’aboutir, selon Didier Josso, délégué de la filière viticole à FranceAgriMer, prenant la parole le lendemain du conseil viticole de l’établissement du 15 janvier. L’exportation française de vin vers les États-Unis étant d’un milliard d’euros par an, une taxe de 25 % nécessiterait un fonds de 250 M€. Mais les professionnels réunis au conseil spécialisé ont douté qu’un fonds européen aboutisse avant six mois, or c’est maintenant que les opérateurs ont besoin d’un filet de sécurité, et non pas quand la taxe aura été levée.