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La tentation de recourir aux NBT

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Les New Breeding Technologies (NBT), ou techniques d’édition de gène, pourraient accélérer le développement des résistances au mildiou. Dans un entretien accordé à Agra Presse en novembre, la directrice du département de biologie et d’amélioration des plantes de l’institut, Carole Caranta, expliquait qu’un gène a été identifié sur Arabidopsis thaliana, qui lorsqu’il est inactivé, permet d’obtenir une résistance à différents agents pathogènes dont le mildiou. Des travaux ont depuis été initiés, en vigne et en pomme de terre, pour mettre en œuvre cette technique. Ces travaux sont pour l’instant réservés aux chercheurs. Les entreprises de sélection n’y ont pas recours en France, compte tenu des incertitudes juridiques.

Jean-Paul Bordes, directeur de l’Acta, la tête de réseau des instituts techniques agricoles, estime qu’il est dommage que la sélection se prive de ces outils rapides d’introduction, d’activation ou d’inactivation de gènes. « On se tire une balle dans le pied », estime Arnaud Delacour. « On pourrait aller beaucoup plus vite dans les résistances au mildiou, à la sécheresse, dans la diminution de la capacité à germer afin d’éviter les anti-germinatifs de synthèse », a-t-il suggéré

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En vigne, la technologie classique de l’hybridation présente l’avantage de recréer de la diversité génétique en recombinant des chromosomes différents, souligne Christophe Schneider. Les NBT peuvent en revanche permettre de mieux connaître le génome de la vigne et ainsi de découvrir de nouveaux gènes, par exemple de résistance à la sécheresse, selon Jean-Pierre Van Ruyskensvelde. À terme, les NBT pourraient être utilisées aussi dans la sélection variétale, face à la concurrence de pays qui n’hésitent pas à foncer dans cette voie, tels la Chine, a-t-il ajouté. Néanmoins l’adoption de ces technologies dépendra aussi de leur acceptation par les consommateurs pour ce produit à forte image qu’est le vin.