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Focus Turquie La Turquie se concentre sur le développement de son élevage

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La part de l’élevage dans la production agricole turque perd du terrain depuis plusieurs années. Pour l’avenir, le ministère turc de l’Alimentation, de l’Agriculture et de l’Elevage a choisi sa stratégie : augmenter le soutien à l’élevage et se concentrer sur la partie orientale du pays.

«La part des soutiens à l’élevage, qui représentait 7% du budget de soutien global en 2004, selon le ministère turc de l’Alimentation, de l’Agriculture et de l’Élevage, a augmenté en 2011 pour atteindre 24% et elle devrait encore augmenter en 2012 pour passer à 26% », constate une étude des politiques agricoles de l’OCDE publié en 2011. Cette politique de soutien vient à un moment où la part des productions animales dans l’agriculture en Turquie perd du terrain : elle passe de 32% à 26% entre 1995 et 2010. Plus récemment, l’Institut de l’élevage constate que depuis la réouverture du marché turc à la viande bovine et aux bovins étrangers en 2010, le prix intérieur s’est « refroidi, un peu trop pour des engraisseurs spécialisés qui doivent faire face à des coûts de production bien plus élevés qu’en Europe ». Dans ce contexte, même si les frontières sont ouvertes, Guy Hermouët, secrétaire général du Groupement export France (Gef), explique le 7 février que le niveau actuel des prix ne motive pas les importations. Les frontières ont même été fermées en fin d’année à cause de « l’aggravation de la situation financière des entreprises d’engraissement ». La stratégie turque est donc le soutien de la filière nationale. D’après une étude du ministère français de l’Economie et des Finances publiée en 2007, les pouvoirs publics « incitent les investisseurs (particulièrement dans les secteurs du textile, du tourisme ou du BTP) à investir dans l’élevage dans le cadre d’une diversification de leur activité ».

Stratégie de territoire

L’Ouest de la Turquie s’est plus développée que l’Est en raison notamment de meilleures conditions naturelles et de la présence du littoral qui offre une ouverture sur le marché mondial. « À une agriculture commerciale intégrée au marché mondial et largement exportatrice ou transformée sur place à la fois pour un marché intérieur en pleine expansion et pour l’exportation, se confronte une agriculture intérieure plus extensive d’autosubsistance », décrit Stéphane Tapia, directeur de recherche au CNRS dans une étude sur L’agriculture turque face au défi de l’adhésion à l’Union européenne publiée en 2007, comparant ainsi Turquie littorale et Turquie intérieure. Mais cette structure géographique de l’agriculture turque est en train de subir une véritable révolution. Le tourisme fait flambler le prix du foncier sur le littoral, poussant les éleveurs à se réorganiser au sein de grands ateliers dans le centre du pays. La volonté de développer ces provinces orientales n’est pas pour autant récente. Le projet ambitieux GAP (projet du sud-est anatolien) est mis sur pied dans les années 1980. L’objectif est de construire 22 barrages sur le Tigre, l’Euphrate et leurs affluents pour pouvoir irriguer près de 2 millions d’hectares et construire 19 centrales hydroélectriques. Le budget prévisionnel est, de fait, gigantesque : 24 000 millions d’euros, les enjeux politiques complexes puisque le Tigre et l’Euphrate traversent la Syrie et l’Irak.

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