Porté par un collectif, dont Agri bio 05, la Chambre d'agriculture des Hautes-Alpes, des associations de producteurs, le lycée agricole des Hautes Alpes de Gap, le conseil général, l'initiative « Vers une vallée bio » commence à s'ancrer dans ce nouveau territoire d'élevage au nord des Hautes-Alpes.
« Notre vallée bio est un territoire d'exception. Nous avons entre 350 à 450 agriculteurs producteurs et éleveurs en A B et en agriculture conventionnelle sur le périmètre de la Vallée bio dont environ 12% sont en bio ou en conversion bio, expliquent les deux porteurs de projet, Marc Viossat, éleveur en ovins bio, adjoint au maire d'Embrun, conseiller départemental et Pierre Bellot, éleveur d'ovins bio, pluriactif, en charge de la bio à la chambre d'agriculture des Hautes-Alpes. L'élevage est la cible de cette vallée qui compte des races en bovins et ovins plutôt rustiques s'adaptant parfaitement à la montagne, aux contraintes climatiques, au sol, aux pentes. Ici, beaucoup d'agriculteurs pourraient naturellement passer en AB, car on est proches d'une agriculture traditionnelle, familiale et sans excès ».
Lancement de l'idée en 2011
Née d'une idée lancée en 2011, à l'occasion d'une table ronde pendant la foire biologique, à Embrun, la Vallée bio prend forme progressivement. L'idée première est de mieux valoriser les produits de l'agriculture biologique et de favoriser un développement centré sur ce territoire, de la production à l'organisation de la filière. « Ce département souffre d'un manque de filières de valorisation en viande et en lait. Une partie des animaux passe dans les circuits conventionnels », précise Carole Ray-Barman, coordinatrice à Agri bio 05. En 2013, au départ du projet, un travail de recensement des exploitations a été engagé pour tester la volonté des acteurs locaux de l'amont à l'aval de la filière, des producteurs, des transformateurs, des coopératives d'approvisionnement ainsi que les parcs naturels régionaux et nationaux. Tous les agriculteurs sont accompagnés dans leur démarche en conversion biologique. Le périmètre de cette vallée bio est bien défini : du lac de Serre Ponçon (Pont de Savines) jusqu'à l'Italie, c'est-à-dire incluant le Briançonnais, le col du Lautaret, St Véran. Dans ce laboratoire d'initiatives, le porteur de projet, Marc Viossat, a réuni un grand nombre de partenaires, qui pour la première fois doivent travailler ensemble.
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Travail collectif
« Le travail collectif est un challenge dans notre pays. Ici, les agriculteurs ne sont pas habitués à se parler. Les vallées isolent les exploitations. On fonctionne par familles d'élevage, par secteurs géographiques. » Les partenaires ? La chambre d'agriculture des Hautes-Alpes, Agri bio 05 (porteur du projet) l'ADEAR, l'association des producteurs Eliose, l'association Echanges Paysans, la DDT, le lycée agricole des Hautes-Alpes de Gap ( legta), le conseil général des Hautes-Alpes, le conseil régional PACA. Le projet de vallée bio réunit une quarantaine de producteurs éleveurs. L'initiative, lancée en janvier 2014, sur une période de 36 mois, a bénéficié de financements Casdar (compte d'affection spéciale développement agricole rural) à hauteur de 87 599 €. Elle est appuyée par l'État, le ministère de l'Agriculture qui souhaite la mise en place rapide d'un GIEE « Un outil futur qui peut mieux fédérer les agriculteurs », ajoute Marc Viossat. Le budget total du projet « vers une vallée bio dans les Hautes-Alpes » est de 126 699 euros.