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La vendange de crémants encore une fois sous l’objectif de production

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La vendange de crémants français sera encore une fois sous l’objectif de production, alors que le marché progresse, a indiqué le 13 septembre Olivier Sohler, directeur de la Fédération nationale des producteurs de crémants. Chaque jour qui passe sans pluie soustrait des milliers d’hectolitres à la vendange.

"Nous visions les 700 000 hectolitres pour approvisionner un marché de plus en plus demandeur, mais nous n’atteindrons pas les 600 000 hectolitres », a déclaré Olivier Sohler. La vendange 2016 ne sera sans doute pas supérieure à celle de l’an dernier, malgré l’arrivée d’une huitième appellation régionale, celle du crémant de Savoie, qui apporte dans la corbeille 4 000 hectolitres, depuis sa reconnaissance comme AOC il y a un an.

Il faudrait produire 100 millions de bouteilles par an et non 80

« Pour reconstituer les stocks, la France devrait produire 100 millions de bouteilles par an (soit 750 000 hectolitres), et non les 80 millions de bouteilles qu’elle produit actuellement (soit 600 000 hectolitres) », a poursuivi Olivier Sohler. Franck Vichet, président de la fédération, a ajouté, à propos de la vendange 2016 : « Du raisin, il y en aura, mais chaque jour qui passe entame la grosseur des grains », du fait du manque de pluie depuis le 15 août. Les crémants de Loire ont souffert de la sécheresse, et on peut s’attendre à « de gros dégâts », selon lui. Les pluies abondantes tombées en fin de la journée du 13 septembre à Bordeaux n’ont pas d’effet décisif sur la production nationale de crémant, le crémant de Bordeaux représentant 10 % de la production nationale et la récolte ayant commencé pour les crémants dans ce vignoble, a précisé Lionel Lateyron, représentant Bordeaux à la fédération nationale. Le crémant de Bourgogne a quant à lui pâti du gel au printemps dans certains endroits, comme le Châtillonnais.

Les crémants ont l’avantage de « passer en premier » pour les vendanges : « On vendange d’abord pour les crémants, on voit ce qui reste pour les vins tranquilles », a commenté Lionel Lateyron. Cette priorité aux crémants risque de reporter sur les vins tranquilles une situation de marché déjà tendue, la vendange nationale, tous types de vins confondus, s’annonçant plus basse que la moyenne quinquennale.

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Les cuvées haut de gamme pour souligner la qualité

Le retour de la quantité étant peu probable, les professionnels mettent en avant la qualité en multipliant les « cuvées haut de gamme ». Non sans susciter quelques regrets sur l’absence d’implication de l’INAO (Institut national de l’origine et de la qualité) : des opérateurs de Bourgogne et d’Alsace ont déposé des cahiers des charges de ces cuvées haut de gamme à l’Inpi, l’Institut national de la propriété industrielle, a déploré Lionel Lateyron, regrettant que ces classements privés traduisent « un constat d’échec de l’INAO ». En dehors des cuvées haut de gamme, les professionnels organisent des événements, tel celui qui se tiendra fin mars dans les stations de ski pour faire connaître la nouvelle AOC de crémant de Savoie aux touristes russes fortunés, dans l'espoir qu'ils s'en fassent les ambassadeurs. À chacune des huit appellations son marché. Ainsi, le crémant de Loire réalise 55 % de ses ventes à l’export, notamment en Allemagne, en raison de son coût modeste, les consommateurs allemands recherchant les prix bas dans leur consommation courante, principalement à travers les enseignes de hard discount comme Lidl et Leader Price.

Outre l’Allemagne, les principaux pays consommateurs sont les pays scandinaves, la Suisse, le Japon, les États-Unis, le Canada, selon Olivier Sohler. Les huit appellations sont alsace (qui réalise à elle seule près de la moitié du total national), bordeaux, bourgogne, crémant de Die, crémant du Jura, crémant de Limoux, crémant de Loire, crémant de Savoie, à quoi s'ajoute le crémant du Luxembourg. La France est le premier pays européen producteur de crémant, avec 80 millions de bouteilles par an, suivi du Luxembourg qui en produit deux millions, l’Allemagne un demi-million, et la Belgique 30 000 bouteilles.

Outre l’Allemagne, les principaux pays consommateurs sont les pays scandinaves, la Suisse, le Japon, les États-Unis, le Canada