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La viande in vitro toque à la porte de l’Efsa

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La start-up française Gourmey est la première à solliciter l’approbation de l’autorité sanitaire européenne pour autoriser la commercialisation de viande in vitro. En l’espèce, du foie gras.

C’était attendu. La première demande d’approbation pour de la viande in vitro vient d’être déposée auprès de l’Union européenne. C’est l’entreprise française Gourmey, qui fabrique du foie gras à partir de cellules cultivées, qui s’est lancée la première. Elle a annoncé le 26 juillet, avoir déposé des demandes d’autorisation auprès de cinq marchés. La jeune pousse vise Singapour, les États-Unis, le Royaume-Uni, la Suisse et l’Union européenne. Elle est la première à déposer une demande d’approbation auprès de la Commission européenne qui, après une première instruction de la candidature, transmet le dossier à l’Efsa dans le cadre de la procédure « novel food », réputée comme l’une des plus exigeantes au monde. À compter de la date de réception de la demande de la Commission, l’agence sanitaire européenne a neuf mois pour rendre un avis sur l’évaluation des risques. Si cet avis est positif, la Commission présente aux États membres une proposition de règlement visant à autoriser sa mise sur le marché de l’UE dans les sept mois qui suivent la publication de l’avis de l’Efsa.

Les éleveurs craignent une multiplication des demandes

Pour la plateforme « European Livestock Voice » (ELV), qui réunit les principales organisations professionnelles européennes du secteur de l’élevage dont le Copa-Cogeca, le foie gras in vitro est « la clé de la boîte de Pandore », affirme-t-elle dans un communiqué. « Cette première demande va ouvrir la porte à beaucoup d’autres, pour de plus grands acteurs et de plus grands marchés », estime ELV.

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Dans le monde, trois pays autorisent des entreprises à vendre de la viande cultivée pour l’alimentation humaine : Singapour, Israël et les États-Unis. Le Royaume-Uni a récemment délivré une autorisation pour des cellules de viande fabriquées en laboratoire à destination de l’alimentation animale. Les cellules cultivées « d’origine mammifères » figurent également au registre européen des aliments pour animaux, mais aucune autorisation n’est nécessaire à leur inscription. Avant même qu’une autorisation soit délivrée en Europe, l’Italie a décidé d’interdire la viande cellulaire. En France, plusieurs initiatives parlementaires ont été lancées en ce sens pendant la précédente législature par des députés Les Républicains et Rassemblement national. La loi « Climat et résilience » de 2021 interdit déjà les produits issus de l’agriculture cellulaire en restauration collective.

D’autres pays européens partagent les réticences de la France et de l’Italie. Fin janvier, l’Autriche, la France et l’Italie ont demandé à la Commission européenne de présenter une étude d’impact globale sur la viande artificielle avant toute autorisation de vente et de consommation dans l’UE. L’initiative avait été soutenue par une dizaine de délégations dont l’Espagne, la Pologne et le Portugal.

« La clé de la boîte de Pandore »