Le classement annuel de la compétitivité des pays producteurs de vins place la France au troisième rang mondial en 2006. C’est sur la conquête de nouveaux marchés internationaux que les Français accusent le plus de retard sur leurs concurrents.
«La compétitivité de la viticulture française reste bonne, mais on a un peu l’impression qu’elle s’endort sur un trésor inexploité », a analysé Benoit Béchet, expert pour Agrex consulting et coauteur d’une étude comparative sur la compétitivité des différents pays producteurs de vin. Cette étude, qui porte sur les principaux pays producteurs de vin, est réalisée tous les ans, depuis 1998, par Viniflhor. Elle permet de pointer les atouts et les faiblesses de chacun. Dans le contexte des échanges mondiaux qui s’intensifient (33,2 % des vins étaient exportés en 2005 contre 20 % en 1980), la compétitivité tient un rôle de plus en plus important. Cette année, la France se classe en troisième position, derrière l’Espagne (première) et les États-Unis, et juste devant l’Italie. Déjà en tête de ce classement en 2005, l’Espagne confirme son statut mais son avance diminue. La France (2 e en 2005), par contre, est dépassée par les États-Unis qui profitent de l’excellent millésime 2005 et des retombées de la restructuration de leur vignoble.
L’eau : un atout de première importance
Différents facteurs sont pris en compte pour établir ce classement. Le potentiel viticole associe les capacités de plantation, d’augmentation des rendements et de compression des coût de production. Dans ce domaine, la Chine se démarque avec un vignoble de 487 000 ha dont seulement 10 % sont dévolus à la production de vin ; le potentiel est donc énorme, d’autant plus que la main d’œuvre est peu onéreuse. La France, à l’instar de la plupart des pays traditionnellement producteurs de vin, est en train d’augmenter son rendement à l’hectare, mais éprouve des difficultés à diminuer ses coûts de production. Autre facteur important : l’eau. Les pays situés en zone tempérés seront mieux armés contre le réchauffement climatique.
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La France pas assez agressive sur les nouveaux marchés
Mais la France accuse surtout du retard dans la conquête de nouveaux marchés à l’export. Elle pâtit de la segmentation de son marché. L’existence d’opérateurs d’envergure mondiale, avec des stratégies de marque, est un atout de taille à l’international. Ce sont les pays du Nouveau monde qui se montrent les plus actifs en la matière. En termes d’organisation et de soutien à la filière, la viticulture française occupe une bonne place. Elle possède le plus gros budget de communication collective (plus de 45 millions d’euros). Les 120 millions d’euros d’aides minimum que la Commission prévoit d’allouer à des campagnes de promotion du vin européen (voir encadré) devraient encore renforcer sa position favorable.