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La volaille française veut reconquérir le marché intérieur

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Pour contrer des importations de volaille en hausse régulière, l’interprofession veut croire en ses atouts pour reconquérir des parts de marché en France. Une bataille qui se joue sur plusieurs fronts, à commencer par l’industrie et la restauration collective.

Pour contrer des importations de volaille en hausse régulière, l’interprofession veut croire en ses atouts pour reconquérir des parts de marché en France. Une bataille qui se joue sur plusieurs fronts, à commencer par l’industrie et la restauration collective.

Dotée depuis l’année dernière d’une interprofession longue (des accouveurs aux distributeurs et à la restauration) nommée Anvol (Association nationale interprofessionnelle de la volaille de chair) et présidée par Jean-Michel Schaeffer (par ailleurs président de la Confédération française de l’aviculture), les acteurs de la volaille de chair cherchent comment améliorer la balance commerciale des volailles. Ces dernières années, les exportations ont en effet baissé (-1,6 % en volume entre 2016 et 2017) sous l’effet de la fin des restitutions européennes qui profitaient aux expéditions vers le Moyen-Orient, tandis que les importations n’ont cessé de croître (+4,4 % sur la même période). Pour la filière du poulet, les importations ont été en hausse de 6 % en 2017 par rapport à 2016, notamment en provenance de Pologne (+18 %), de Belgique et des Pays-Bas. Le Brésil en revanche est en recul de 25 %. Au total, c’est 42 % du poulet consommé en France qui est importé chaque année.

Or, la France est un marché important pour la volaille. Avec 28 kg (équivalent carcasse) de volaille par an et par habitant, c’est le 2e marché européen après le Royaume-Uni. La consommation hexagonale est en outre en hausse de 3 % en 2017 à 1,8 million de tonnes (restauration, circuits spécialisés et GMS). Et selon l’Institut technique des filières avicole, cunicole et piscicole (Itavi), la tendance est favorable : en 2018, la consommation devrait être en hausse de 2,7 % par rapport à 2017.

Pour reconquérir ces parts de marchés, la bataille devra être livrée sur les produits de plus en plus demandés, à savoir les découpes, prisées par l’industrie, la restauration et les consommateurs. Selon les données de Kantar Worldpanel, les découpes de poulet représentent en 2018 pas moins de 48 % des ventes (contre 38 % en 2008), devant les produits élaborés comme les saucisses, les panés et les charcuteries (29 %), également en croissance au détriment du poulet entier. Les découpes tendent à se valoriser avec une progression régulière des signes de qualité et d’origine tels que le certifié, le label rouge et le bio. Plus d’une vente de découpe sur deux se fait encore en poulet standard.

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Mais « ces marchés ont […] été préemptés par les pays voisins », explique Anvol. La réponse française passe donc par une offre en adéquation avec la demande pour des produits plus valorisés comme l’élevage de volailles bio qui devra passer de 10 millions de volailles à 15 millions en 5 ans, et la production sous label rouge qui devra augmenter de 15 % sur la même période. D’ici 2022, une vente de découpe sur deux devra se faire avec un produit label rouge, et en RHD, l’objectif est de commercialiser 20 % de volailles label rouge. Et d’ici 10 ans, la filière ambitionne de reconquérir un point de part de marché volume par an pour atteindre 23 % de volailles importées.

Ces objectifs, pour être atteints, nécessitent des investissements conséquents. Selon le plan de filière, 2,7 milliards d’euros doivent être investis d’ici 2022, dont 2,3 milliards dans l’élevage et l’accouvage. « Il faut investir 500 millions d’euros, pour moitié dans les abattoirs et pour moitié dans la découpe », estime Gilles Huttepain, vice-président de la Fédération des industries avicoles (FIA). Des investissements conséquents pour une filière des volailles françaises qui a réalisé en 2018 un chiffre d’affaires sortie abattoirs de 6,8 milliards d’euros.

Moins de la moitié des oeufs achetés issus d'élevage en cage

Moins de la moitié des oeufs vendus dans les grandes surfaces en 2018 étaient issus d'élevages en cage, une première selon le CNPO, l'interprofession de l'oeuf. "Pour la première fois, les oeufs issus d'élevages alternatifs représentent plus de la moitié des oeufs vendus en hypers et supermarchés, avec 51,8% de part de marché en volume, contre 49,1% en 2017", a annoncé le 18 février le CNPO. "Les oeufs issus des poules élevées au sol progressent à +15,8% en volume, les oeufs bio à +12,4% et les oeufs de plein air à +6,3%. Quant aux oeufs standard, ils enregistrent un recul de -3,4% en volume sur 1 an", détaille le CNPO.