Parallèlement à la Cop 21, se tenait la Coalition climat 21. Regroupant plus de 130 organisations, la Coalition a lancé la Zone d’action climat (Zac) à l’espace culturel du 104 (19e) à Paris. Projections, conférences, débats, pièces de théâtre, etc., la Zac a regroupé plus d’une trentaine de manifestations par jour du 7 au 11 décembre, afin d’alerter le citadin sur le changement climatique. Elle s’est même étendue à cinq autres endroits dans Paris. Petite visite
« Les dinosaures aussi ont vécu un truc dans ce genre-là et ils n’ont rien fait non plus ». Pas faux ! « Une chose est sûre, les minéraux ne bougeront pas ». Une certitude ! « Si l’humanité venait à disparaitre, ça génerait qui, à part nous ? » Certainement pas les insectes, ni les autres habitants de l'univers ! « On n’est pas la seule espèce menacée mais on est la seule à en avoir conscience ». Une vérité ! Finalement, les affiches de la Coalition climat 21 interpellent le citoyen. Placardées dans le métro parisien et dans la Zone d’action climat, à l’espace culturel du 104 (19e) à Paris, elles font peut-être plus d’effet que les annonces d’une Cop 21 qui s’essouffle dans des négociations à l’issue incertaine. La Coalition climat 21 « regroupe plus de 130 organisations et mouvements, et continue de grandir : syndicats, ONG environnementalistes et de solidarité internationale, mouvements sociaux, féministes, groupes de foi ou de jeunesse », selon son site internet. France Nature environnement, Action contre la faim, Fondation Nicolas Hulot, Greenpeace, Secours catholique, Solidarité étudiante, Réseau féministe rupture, Confédération paysanne, etc., se sont donnés rendez-vous à la Zac. Le but, faire passer ce message : « Si on ne fait rien, personne ne le fera à notre place ». « Toutes ces organisations ont leur propre histoire et ne sont pas d'accord sur tout, mais se rassemblent autour d'une certitude : la crise climatique nous concerne toutes et tous », affiche le site internet de la Coalition climat 21.
Une diversité de points de vue et de mode d'expression
Effectivement les organisations qui constituent la Coalition climat 21 ne sont pas toujours d’accord. Preuve en est la conférence du 9 décembre sur la « lutte contre la production industrielle de viande et d’alimentation animale ». Geneviève Savigny, du Comité de coordination de Via Campesina, a fait un exposé de l’évolution de l’élevage ces dix dernières années : engraissement des taurillons au maïs, agrandissement des exploitations, fin des quotas laitiers, etc. « On sait que l'on a des gens qui meurent de faim alors que l'on donne littéralement à manger aux cochons. L'élevage est l'activité la plus dévastatrice. Elle provoque la dégradation des sols et est le premier facteur d'accaparement des terres. [...] Il faut bien comprendre que pour agir sur le climat, il faut agir sur la consommation de viande », estime Simone Lovera, directrice du Global Forest Coalition. Conflits pour la terre au Paraguay du fait de l’élevage, dénonciation de l’agrobusiness à Haïti, etc., l’élevage est pointé du doigt. Simone Lovera nuance tout de même ses propos face à une activiste Vegan et à l'intervention d'une éleveuse, membre de la Confédération paysanne qui s’exclame : « Le bien-être animale, c'est bien, mais avez-vous pensez au bien-être de l'éleveur ?! ». Geneviève Savigny précise bien que les positions de Simone Lovera ne sont pas forcement celles de Via Campesina et qu’il faut raison garder, tout en ayant « un discours juste », « un regard véritable » sur les vrais enjeux. Toute la difficulté est là.
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Bicitracteur, Sustaina Claus et autres surprises
En attendant, dans la Zac, les bénévoles s’agitent, indiquent, expliquent. Un agenda des rencontres est affiché, à côté du bicitracteur, « le tracteur à pédale low-cost à fabriquer soi-même ». On en chercherait bien le mode d’emploi pour refaire le même à la maison. Se tiennent aussi les rencontres avec Daniel Connel, concepteur de l’éolienne à 30 euros ou encore Myfood pour savoir comment combiner permaculture et aquaponie dans son jardin. Des transats accueillent des jeunes et moins jeunes à l’heure de la sieste, sous une exposition de photographie, intitulée Les gardiens de l’Amazonie. Un père Noël déambule. Il s’agit de Sustaina Claus qui fait partie de l’ONG World Sustainability. Il demande aux dirigeants de la COP21, de prendre en compte « l’équilibre entre écologie, société et économie » : histoire de faire souffler « the spirit of Sustaina Claus» sur la Conférence. Un djembé se déchaine plus loin, des étudiants assis par terre se connectent à internet et un jeune Malien en turban échange avec une péruvienne. La langue française s’efface face à l’anglais, l’espagnol ou le portugais. Plus loin, dans le hall, des bénévoles jouent avec des enfants sur une carte du monde en forme de puzzle. La vidéo d’un reportage passe en boucle à la télévision dans un coin. Des lumières sont projetées sur les murs, sous de longues banderoles : « No job on a dead planet », ou encore « Climat : à qui profite le chaos ? ». Danses, pièces de théâtre, clowns, conférences, tout est bon pour que le citoyen prenne conscience du changement climatique et devienne acteur de la sauvegarde planétaire. Finalement, en France, la Coalition climat 21 semble avoir eu plus d’impact auprès du citoyen que l’accord de la Cop 21, conclu par des politiques qui ont largement perdu de leur crédibilité comme le montre encore une fois les résultats du premier tour des élections régionales.