Déjà installée dans le sud de la France, la zeuzère remonte progressivement au nord de la Loire. Ce papillon nocturne, ravageur des vergers de pommiers et poiriers, mais aussi cerisiers, pêchers ou abricotiers, faisait l’objet d’une conférence le 18 janvier dernier lors du Sival à Angers. « C’est un ravageur que nous connaissions en Rhône-Alpes, retrace Nadia Tounsi, conseillère arboriculture au sein de la chambre d’agriculture Pays de la Loire. Nous avons commencé à constater des dégâts importants en Pays de la Loire à partir de 2019/2020, d’abord en bio puis en conventionnel. Aujourd’hui, il est également présent en Bretagne, et la Normandie commence à s’inquiéter ». C’est la larve de la zeuzère qui occasionne les dégâts sur les cultures. Pouvant atteindre 5 cm, elle se nourrit de la sève des jeunes branches. En les creusant de l’intérieur, elle les rend cassantes. « Une fois que la larve est dans la branche, il n’y a plus rien à faire. Aujourd’hui l’un des moyens de lutte les plus efficaces est la confusion sexuelle si la population ne dépasse pas 35 à 70 larves pour 100 arbres », assure Nadia Tounsi.
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Le développement du papillon au nord de la Loire s’expliquerait par des températures plus élevées l’hiver. « Jusqu’alors le cycle de la larve se faisait en un an dans le Sud et deux ans dans le Nord. Mais avec les hivers actuels, nous pensons que la dormance est séquencée et que la zeuzère continue à se développer en hiver, réduisant ainsi son cycle », analyse Nadia Tounsi. De part le ciblage des jeunes branches par la larve, c’est durant ses quatre premières années que le verger est le plus sensible. Ensuite, seules les branches les plus hautes peuvent être attaquées et cassées, entraînant une baisse de production de l’arbre. « La période de sensibilité s’allonge pour les arbres à longues tiges », indique la conseillère. La production de pomme à cidre pourrait ainsi être particulièrement touchée par le ravageur.