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L’absence remarquée du ministre de l’Agriculture au congrès de la bio

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Présent au congrès mondial de l’UICN à Marseille et au salon de la restauration collective à Paris, Julien Denormandie n’a pas fait le déplacement au congrès de la bio à Rennes en raison d’une incompatibilité d’agenda. Si les organisateurs se disent déçus, le ministre prévoit de rencontrer les acteurs de la bio pour mi-septembre.

« Nous sommes déçus que le ministre n’ait pas fait le déplacement », regrette Jean-Marc Lévêque, président du Congrès mondial de la bio organisé à Rennes du 6 au 10 septembre. Pour cet ancien directeur du développement durable chez Triballat Noyal et président du Syndicat des transformateurs bio (Synabio), désormais retraité, le congrès mondial aurait pourtant été l’occasion pour le ministre « d’une vraie rencontre avec les acteurs de la bio en France et en Europe ».

« Il n’y a pas d’abandon de la bio », assure cependant l’entourage de Julien Denormandie, soulignant une incompatibilité d’agenda entre le sommet des ministres en Slovénie et le déplacement présidentiel du 10 septembre aux Terre de Jim. Le ministre s’exprimera par ailleurs bien au congrès bio, par le biais d’une vidéo lors de la cérémonie de clôture. Et une réunion sera organisée, dès la mi-septembre, pour échanger avec les principales organisations bio, dont la Fnab et l’agence bio. PSN, plan de relance, fonds avenir bio, la vision demeure la même, précise-t-on : « Accompagner les conversions pour répondre à la demande ».

Le geste demeure malgré tout insuffisant pour Joël Labbé, sénateur écologiste du Morbihan, qui a fait le déplacement à Rennes. « L’absence du ministre est un très mauvais signe », tranche le sénateur à l’origine de l’interdiction des pesticides dans les espaces verts.

Les mots remarqués de Barbara Pompili

Les paroles de Barbara Pompili, en ouverture du congrès le 7 septembre, ont été tout aussi largement commentées par les congressistes. « Il faudrait un ministère de la Transition écologique dans chaque pays, et celui-ci devrait inclure l’agriculture », s’est amusée Barbara Pompili, face aux félicitations des organisateurs pour le nom de son ministère.

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Le cabinet de la ministre a tenu à préciser que « la ministre ne se prononçait pas sur l’organisation du gouvernement en France, mais signifiait que de façon générale dans le monde ». Le parrain du congrès, Nicolas Hulot, a cependant saisi au bond l’idée d’une tutelle commune pour l’agriculture et l’environnement : « On ne peut pas avoir en permanence deux ministères en conflit », a estimé le président de la FNH et ex-ministre de la Transition écologique lors d’un échange avec la presse le même jour. Au-delà d’une fusion des deux ministères, l’apaisement pourrait venir, propose-t-il, de la création d’un vice-Premier ministre chargé du développement durable, qui chapeauterait les deux sujets.

Une autre intervention en ouverture, quoique à distance, a été tout aussi remarquée à Rennes : celle du ministre de l’Agriculture danois Rasmus Prehn. Dans ce minuscule pays de la taille d’une région française, souligne Jean-Marc Lévêque (Synabio), près de 25 % de la production laitière est désormais certifiée agriculture biologique : « Julien Denormandie aurait sans doute des éléments à tirer de cet exemple ».

La chasse aux subventions néfastes

Sujet abordé à la fois au congrès de l’UICN comme au congrès de la bio par de nombreux acteurs : la fin des subventions « néfastes » à l’environnement, avec en ligne de mire une partie des subventions agricoles. « Nous n’avons pas besoin de plus d’argent, mais de mieux d’argent » pour encourager la transition agricole, a ainsi martelé Nicolas Hulot en ouverture du congrès le 7 septembre. Une intervention faisant écho à celle de Bernard Chevassus-au-Louis, président de l’association Humanité et Biodiversité qui a invité à Marseille, lors d’un point presse aux côtés de la secrétaire d’État à la biodiversité Bérangère Abba, à ne pas « pas peindre en vert les tuyaux budgétaires », jugeant « inadmissible » l’enveloppe de 76 millions dédiée à la HVE. « Il y a urgence : nous devons rapidement mener toutes les études nécessaires pour aboutir à des outils d’analyse budgétaires adaptés », appuie le sénateur Joël Labbé.