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L’accord UE-Mercosur causerait « un grand préjudice » à l’agriculture, selon la présidente du Copa-Cogeca

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À l’occasion d’une web-conférence organisée le 19 février pour faire le bilan des différentes négociations commerciales en cours, la présidente des organisations et coopératives de l’UE, Christiane Lambert, a une nouvelle fois répété que le Copa-Cogeca ne pouvait soutenir en l’état l’accord UE-Mercosur en raison notamment de l’aspect déséquilibré du chapitre agricole, « surtout pour les secteurs sensibles tels que le bœuf, la volaille, le sucre ou encore l’éthanol ». « Si nous décidons d’importer 90 000 tonnes de viande sur un marché déjà saturé, cela pose de vrais problèmes avec une pression vers le bas des prix, détaille-t-elle. Et nous craignons également que ces volumes viennent s’ajouter à ceux qui ont déjà été acceptés dans le cadre du CETA (Accord de libre-échange UE-Canada) et de l’accord avec le Mexique. Cela causerait un grand préjudice pour tous. »

Concernant les différences de normes de production, elle souligne le risque relatif à l’introduction du « deux poids deux mesures » : « 27 herbicides et insecticides sont interdits dans l’UE alors qu’ils sont utilisés au Brésil. Cela peut créer des distorsions de concurrence entre les producteurs de chaque bloc ». Elle fait part aussi de son inquiétude concernant la volonté de la Commission européenne d’intégrer « simplement » ces préoccupations en annexes dudit accord. Même son de cloche du côté du Conseil européen des jeunes agriculteurs qui, par la voix de son président Samuel Masse, a souligné dans un communiqué du 22 février « la nécessité d’une politique commerciale équilibrée qui empêche les produits de l’UE de subir une concurrence déloyale ». Et d’inviter l’UE à ne pas transiger sur ses normes et ses valeurs.

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En revanche, sur les accords en négociations entre l’UE et la Nouvelle-Zélande d’une part et avec l’Australie d’autre part, la présidente du Copa-Cogeca a été plus enthousiaste en expliquant que ces pays disposaient de normes élevées similaires à celles de l’UE. Sur le chapitre agricole, elle a toutefois indiqué qu’il était « préférable d’éviter des importations excessives de ces pays pour les secteurs ovins, viticole et des produits laitiers, et dans une moindre mesure des fruits et légumes ».