Le goupe laitier Lactalis, numéro 2 mondial des produits laitiers et leader européen du fromage, poursuit ses emplettes en faisant l’acquisition de la Fromagerie du Pont de la Pierre auprès de Triballat Rians. Les deux unités de production que reprend dans la Loire le groupe de Laval lui apportent un potentiel nouveau de 2000 tonnes de fromages AOC, avec la Fourme de Montbrison et la Fourme d’Ambert.
La dernière acquisition du groupe Lactalis, très tourné désormais vers les grandes opérations à l’international, n’est pas de la dimension à laquelle le groupe avait fini par nous habituer, mais constitue « une petite rectification de frontière » limitée à l’univers des petites AOC fromagères.
Le groupe laitier vient de prendre le contrôle à 100% de la Fromagerie du Pont de la Pierre qui possède deux unités de production dans la Loire, à Saint-Bonnet-le-Courreau et à Balbigny, où elle compte respectivement 30 et 80 salariés, pour une production annuelle de 2 000 tonnes. L’entreprise, créée en 1913 par la famille Rizand, avait été cédée en 1992 au groupe Triballat Rians, basé dans le Cher. Elle affiche un chiffre d’affaires de 19 millions d’euros avec un résultat net négatif en 2005.
La Fromagerie du Pont de la Pierre produit notamment deux fromages qui bénéficient d’une appellation d’origine contrôlée (AOC) : la Fourme d’Ambert et la Fourme de Montbrison, dont elle réalise près de 60% du total de la production. L’entreprise fabrique aussi de la tomme de montagne, des fromages à pâte persillée, ainsi que des fromages à la pièce, notamment des bleus vendus sous marques de distributeur.
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Un débouché pour l’usine d’Andrézieux reprise à Nestlé
Triballat Rians, qui produit surtout des fromages de chèvre AOC du Berry et des pâtes fraîches, et qui vient d’investir aux Etats-Unis dans ce domaine pour racheter le fabricant de chèvre Laura Chenel, trouve dans cette cession une occasion de recentrage sur ses cœurs de métier alors qu’il ne disposait pas d’une présence suffisante en fromages persillés ni d’une vraie légitimité en Auvergne.
Pour Lactalis, cette nouvelle acquisition porte à 27 variétés le plateau de fromages AOC du groupe, qui fabrique déjà de la Fourme d’Ambert sur son site de Laqueuille, dans le Puy-de-Dôme. Non seulement il renforce ses positions sur cette appellation (qui totalise 5000 tonnes), mais il acquiert une position majoritaire en Fourme de Montbrison, un micro-marché, il est vrai, estimé à 800 tonnes. Mais ce n’est pas une révolution pour le groupe de Laval, qui produit déjà 350 000 tonnes de fromages dans l’Hexagone et est déjà fort du quart du tonnage de l’ensemble des AOC fromagères (il en fabrique 40 000 tonnes).
En revanche, il a trouvé un autre intérêt, logistique, à ce rachat dès lors que dans le cadre de son rapprochement avec Nestlé en produits frais, il a repris les rênes il y a quelques mois de l’unité de collecte et de transformation de lait qui emploie 300 personnes à Andrézieux-Bouthéon, dans la Loire.