Dans un avis rendu le 19 avril, l’Autorité européenne de sécurité des aliments propose de classer les gènes marqueurs de résistance aux antibiotiques (GMRA) - utilisés pour sélectionner les plantes transgéniques – en trois catégories en fonction de leur prévalence dans les bactéries intestinales (chez l’homme ou l’animal) ou dans l’environnement (sol, plantes, eau, etc.) et de l’importance des antibiotiques concernées en médecine humaine ou vétérinaire. L’objectif est de limiter le transfert de gènes résistants aux antibiotiques, même si, de l’avis des experts, cette éventualité est « très basse pour tous les GMRA considérés ». Ces trois groupes seraient établis comme suit :
– Groupe 1 : GMRA fréquemment présents dans le sol ou les bactéries intestinales et qui confèrent une résistance à des antibiotiques peu ou pas utilisées en médecine humaine ou animale telles que la kanamycine et la néomycine ; ces gènes ne seraient soumis à aucune restriction de mise sur le marché.
– Groupe 2 : GMRA fréquemment présents dans des micro-organismes dans l’environnement et qui confèrent une résistance à des antibiotiques utilisés dans des domaines bien définis de la médecine humaine ou animale comme le chloramphénicol, l’ampicilline, la streptomycine et la spectomycine ; l’utilisation de ces gènes devrait être limitée aux cultures expérimentales et interdite pour les OGM mis sur le marché.
– Groupe 3 : GMRA conférant une résistance à des antibiotiques largement utilisés en médecine humaine comme l’amikacine et la tétracycline ; ils ne devraient même pas être utilisés pour les cultures expérimentales.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
« Le groupe OGM de l’Aesa a confirmé que les GMRA sont dans la majorité des cas toujours nécessaires pour assurer une sélection efficace des caractères transgéniques des plantes. Du point de vue de l’analyse des risques, il est important de noter que le transfert de gènes des plantes transgéniques aux bactéries est considéré comme une éventualité très improbable », a souligné le président du groupe, le Dr Harry Kuiper. « Dans le cas très rare où un transfert de gènes aurait lieu, son impact potentiel sur les humains et l’environnement doit être évalué par rapport à la présence naturelle de gènes de résistance aux antibiotiques présents dans l’environnement et dans les bactéries des intestins », a-t-il ajouté.
La directive de 2001 sur la dissémination d’OGM prévoit le remplacement progressif des GMRA ayant des effets négatifs sur la santé ou l’environnement.
L’avis est disponible sur le site web de l’Aesa à l’adresse suivante : http://www.efsa.eu.int/science/gmo/gmo_opinions/384_fr. html