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Lin textile L’AGPL demande une baisse des emblavements de 20 % pour 2010

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Pour redresser une filière malmenée par la crise économique et l’inflexibilité des acheteurs chinois, les producteurs de lin demandent une nouvelle baisse des surfaces pour 2010. De 56 700 ha en 2009, celles-ci descendraient à 40 000 ha, soit 20 % de baisse.

«Nous ne voulons pas que la crise conjoncturelle devienne structurelle ». Le 30 septembre à l’occasion d’une conférence de presse à Paris, Xavier Talpe, président de l’AGPL (Association générale des producteurs de lin), a fait le point sur la filière lin textile, malmenée par la crise économique. Pour 2008/2009, son chiffre d’affaires est tombé à 100 millions d’euros… contre 200 millions en 2004/2005. Plusieurs facteurs sont en cause : la forte baisse de la consommation de vêtements en lin, notamment aux Etats-Unis, mais aussi le quasi-monopole des filatures chinoises. Celles-ci assurent 85 % des débouchés en valeur de la filière française, or elles « n’achètent plus une qualité mais un prix », a souligné Dominique Rabaey, producteur en Seine-Maritime. Ce qui leur est d’autant plus facile que les transformateurs ne sont pas en position de force pour négocier : depuis 5 ans, ils ont accumulé d’importants stocks, faute de parvenir à ajuster l’offre aux besoins fluctuants de la Chine. De 30 000 tonnes en 2003/2004, les réserves européennes atteignent désormais 125 000 tonnes, soit l’équivalent de la récolte 2009. « L’idéal serait d’arrêter de produire du lin pendant un an, mais ce n’est pas possible, car nous ne pouvons pas mettre en péril notre outil industriel », a résumé Xavier Talpe.

Les producteurs ne veulent pas voir perdurer les prix bas
Les producteurs luttent donc avec d’autres armes. Si le responsable syndical milite pour un « Grenelle du lin » et une régulation de marché à moyen terme, il va demander dans l’immédiat aux producteurs de réduire une nouvelle fois les surfaces de 20 %. Celles-ci passeraient de 56 700 ha en 2009 à 40 000 ha en 2010, soit la moitié du niveau de 2005. L’AGPL va plus loin que le Cipalin (interprofession du lin), qui souhaite une diminution des surfaces à 50 000 ha seulement. « Nous pensons que ça ne va pas mettre à mal les entreprises », a indiqué Xavier Talpe. Car après cet effort, le responsable compte sur un redémarrage soutenu du marché. Si la filière traverse une passe difficile, elle apparaît pleine d’avenir. « De nouvelles applications prometteuses se font jour », a rappelé Christophe Mallet, directeur de l’AGPL. Des meubles aux portières de voiture en passant par les matériaux d’isolation, la fibre de lin, qui est capable de faire concurrence à la fibre de verre, se montre pleine de ressources. Reste qu’en attendant une future explosion de ces débouchés, il faut tenir.

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