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Xavier Beulin « L’agriculture doit retrouver sa vraie place au sein des filières agricoles »

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Le nouveau président de la FNSEA, aussi familier de l’agroalimentaire que de l’agriculture, compte renforcer le poids de la production agricole sur la transformation et la distribution.

Comment pourriez-vous définir l’action que vous comptez mener à la tête du premier syndicat agricole français ?
L’agriculture doit retrouver sa vraie place au sein des filières agricoles. C’est-à-dire que la valeur ajoutée, qui se fait de plus en plus en aval, dans l’industrie, la distribution ou sur les grands marchés internationaux, revienne dans une plus grande proportion vers les agriculteurs. Au fond, à l’heure où les outils de régulation de la politique agricole commune risquent d’être réduits, il faut que nous inventions d’autres moyens de régulation pour mieux valoriser les investissements des agriculteurs et leur revenu.

Quelle est la première décision que vous comptez prendre en tant que président de la FNSEA ?
Nous devons avoir de toute urgence une action tournée vers deux secteurs qui souffrent : l’élevage porcin et la production de viande bovine. Cela signifie interpeller les pouvoirs publics pour une action de court terme mais aussi travailler sur des solutions efficaces sur le long terme, concernant l’organisation des producteurs et des filières. Cela implique sans doute aussi de revoir le lien entre le végétal et l’animal.
Vous contrôlez, indirectement, des sociétés comme Glon Sanders, le n° 1 de l’aliment du bétail. Est-ce que cela donne au président de la FNSEA un levier supplémentaire ?
Cela permet en tout cas d’éclairer notre capacité d’action. Savoir ce que sont les comptes des sociétés d’aliment du bétail permet d’avoir des indications précieuses pour pouvoir agir.

Comptez vous initier un dialogue avec les syndicats minoritaires ?
Je suis plutôt un homme de dialogue. D’ailleurs, celui-ci a eu lieu avec les syndicats minoritaires dans le cadre du fonds sanitaire par exemple. Mais chacun doit respecter les positions de l’autre. Comme président de l’office FranceAgriMer, j’ai toujours été attentif à ce que les minoritaires puissent s’exprimer. Sur des sujets comme la réforme de la Pac, on peut tout-à-fait confronter nos idées. Sur les interprofessions, il ne faut pas oublier que ce sont des organismes de droit privé et qu’il n’y a rien de choquant à ce qu’elles soient dirigées par le syndicalisme majoritaire.

Quelles autres présidences allez-vous garder ou abandonner ?
Bien entendu, je quitterai les présidences de FranceAgriMer et de la Fédération des oléoprotéagineux (Fop). Je ne pourrai pas conserver non plus la présidence du Haut Conseil de la coopération agricole. Plus tard, j’abandonnerai aussi celle du Conseil économique et social de ma région, mais seulement quand ce à quoi je me suis engagé aura été réalisé. En revanche, je compte rester président de Sofiprotéol parce qu’il s’agit d’un outil et d’un levier extrêmement important pour que les agriculteurs puissent investir dans l’aval. Je souhaite consolider les relations avec ce type d’organisme. L’agriculture en a besoin pour pouvoir apporter des réponses concrètes à des problèmes de filière et réaliser des investissements en aval.

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