Abonné

L’agriculture est devenue l’un des principaux moteurs de croissance de l’Ukraine

- - 3 min

L’agriculture ukrainienne n’a pas été affaiblie par la crise économique de 2008 et le conflit de 2013 avec la Russie. Au contraire, selon un rapport de l’OMC, les exportations dans ce secteur ont progressé de 6 milliards $ entre 2008 et 2014.

Les exportations agricoles de l’Ukraine sont passées de 10,9 milliards $ en 2008 à 16,8 milliards en 2014, tandis que les importations se sont maintenues aux alentours de 5 à 6 milliards $ par an, selon le récent rapport de l’OMC sur la politique commerciale de ce pays. Ces dernières années, la contribution de l’agriculture au PIB a augmenté de façon continue jusqu’à atteindre 10,3 % en 2014 contre 6,5 % en 2008. Le secteur représentait 17 % de la main-d’œuvre totale du pays. Si elle ne figure pas au même rang que l’industrie gazière, l’agriculture s’avère être un moteur indéniable pour la croissance du pays.

Céréales et oléagineux en tête des exportations, aviculture en progrès

Les bons résultats de l’Ukraine – ancien « grenier à blé » de l’Union soviétique, notamment grâce à des sols parmi les plus fertiles au monde (« tchernozem ») qui s’étendent sur environ 16 millions d’hectares de terres arables – s’expliquent par la progression des exportations de céréales (blé, maïs et orge), qui représentaient en 2014 39 % du total, et d’huiles et tourteaux d’oléagineux (40 %).

Le rapport de l’OMC note, à ce propos, que Pékin a octroyé en 2012 à l’Ukraine un prêt de 3 milliards $ pour financer, notamment, ses exportations de maïs vers la Chine.

Les exportations ukrainiennes de volailles, insignifiantes en 2007, ont augmenté jusqu’à atteindre 276,1 millions $ en 2014, les principaux acheteurs étaient l’Irak, le Kazakhstan et l’UE. La filière avicole a progressé au détriment de la production de porc et de viande bovine. En compensation, le secteur de l’élevage bénéficie d’un régime spécial de cumul de la TVA, qui a représenté un soutien de 88 millions $ en 2014.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Faible soutien interne

L’agriculture ukrainienne bénéficie d’une certaine protection aux frontières, notamment pour le sucre. En revanche, selon les estimations de l’OCDE, le soutien accordé par l’Ukraine aux producteurs reste faible et était même négatif certaines années. Le secteur doit supporter des restrictions à l’exportation et le non-remboursement de la TVA pour les exportations. Globalement, en 2011, 2013 et 2014, les mesures fiscales ont eu plus d’influence que les mesures de soutien et de protection.

Et l’Ukraine a notifié au Comité de l’agriculture de l’OMC qu’aucune subvention à l’exportation n’avait été accordée depuis l’adhésion du pays à l’organisation mondiale.

L’OMC rappelle enfin les dispositions de l’accord de libre-échange entre l’UE et l’Ukraine qui ont été mises en œuvre en avril 2014 par l’Union, de façon unilatérale et anticipée, et au 1er janvier 2016 du côté ukrainien (1).

(1) Voir n° 3527 du 04/01/16