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Effet de serre L’agriculture mise à contribution

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Après l’industrie, c’est à des secteurs comme l’agriculture – et les transports que le protocole de Kyoto s’attaquera. L’assemblée générale de la Société des agriculteurs de France, qui s’est tenue le 26 mai à Bordeaux, a évoqué de nouvelles pratiques agricoles, et des outils incitatifs comme les crédits de carbone.

Par un changement de pratiques de cultures et d’élevage, l’agriculture peut réduire une grande partie de ses émissions de gaz à effet de serre. Sur les 500 millions de tonnes de CO2 ou équivalent émises par la France, l’agriculture en génère 100. Il s’agit à 80% de méthane issu des élevages à travers la fermentation entérique du bétail et des effluents d’élevage, et de protoxyde d’azote émis par les engrais azotés, a récapitulé Pierre-Alain Jayet, directeur de recherche à l’Inra.

Cultiver plus de légumineuses

Pour réduire les émissions de méthane, un moyen efficace est la méthanisation des effluents d’élevage. En captant ce méthane qui s’échappe, comme on le fait avec les décharges en les coiffant de couvercles collecteurs, on réduit de 80% ces émissions de méthane. En outre, ce gaz peut alimenter des générateurs d’électricité. On voit ainsi un nouveau gisement énergétique se profiler, parallèlement à la réduction des émissions de méthane.

Pour réduire les émissions de protoxyde d’azote, il faut limiter les apports d’engrais azotés aux stricts besoins de la plante, ou mieux encore, implanter davantage de légumineuses, lesquelles captent dans l’air l’azote dont elles ont besoin. Il faudrait donc implanter davantage de légumineuses, notamment de protéagineux, a indiqué Jérôme Mousset, chargé de mission à l’Ademe.

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Développer les Crédits de carbone

L’agriculture pourrait disposer d’outils comme celui des crédits de carbone, mais pour l’instant ce système n’est pas ouvert à l’agriculture. Ce secteur pourrait pourtant bénéficier d’une nouvelle source de rémunération en réduisant les émissions de gaz à effet de serre. Certains, comme Christian de Perthuis, chef de la mission climat à la Caisse des dépôts et consignations, travaillent à l’accréditation de l’agriculture dans ce système (cf encadré ci-dessous).

Christian de Perthuis a évoqué plusieurs moyens pour que les investissements dans l’agriculture soient aussi éligibles au mécanisme de projets dans le cadre du marché des crédits carbone : « J’ai la conviction que si une volonté collective existe, on trouvera un dispositif d’une façon ou d’une autre», a souligné Christian de Perthuis, qui est parvenu à convaincre sa direction de réserver 30 millions d’euros sur les fonds propres de la banque publique, pour acheter des crédits de carbone. Un dossier à suivre de près.

 Toutes les émissions sont calculées en équivalent-CO2.