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Argentine « L’agroalimentaire pour promouvoir l’avènement d’une bourgeoisie nationale »

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Le gouvernement argentin met en place les moyens politiques de développer les exportations agricoles et agroalimentaires. Objectif : permettre à une nouvelle bourgeoisie de créer des entreprises et de l’activité tout en renforçant la puissance agricole du pays. Entretien avec Oscar Solís, sous-secrétaire à la Valeur ajoutée du ministère de l’Agriculture argentin.

Le sous-secrétariat à la Valeur ajoutée a été créé par le gouvernement argentin il y a tout juste un an spécifiquement pour remplir l’un des objectifs du Plan Stratégique Agroalimentaire 2020, qui est d’exporter trois fois plus de viandes qu’actuellement et, généralement, de « déprimariser » l’agriculture argentine, tel que le veut la présidente Cristina Fernandez Kirchner.
« Nous encourageons l’avènement d’une nouvelle bourgeoisie nationale », explique Oscar Solís, à la tête du nouvel organisme public, le sous-secrétariat à la Valeur ajoutée. Nos interlocuteurs sont les entrepreneurs, plus particulièrement les diplômés capables de s’associer. »
Il traduit le concept de « Valeur ajoutée sur le lieu d’origine de la production agricole [par] des organisations multi-chaînes où chaque spécialiste d’une activité est son propre patron. » Tel est le type de système qui bénéficierait de l’appui de sa structure.
 
Des bovins au biogaz
La plus grosse enveloppe dont il dispose est une aide au financement de projets tels que des élevages de poissons, des parcs d’engraissement de bovins ou des usines de biogaz, par exemple. Jusqu’à présent, 61 projets ont été présentés pour cette enveloppe de 50 millions d’euros environ au total, qui permet de bonifier 6% d’un taux d’intérêt de 15% pratiquée par la Banque nationale argentine aux porteurs de projets, taux avantageux dans un contexte d’inflation. « Nous nous adressons à un public d’entrepreneurs, insiste Oscar Solís, marquant là une différence avec d’autres sphères du même ministère plutôt vouées aux affaires sociales. Il ne s’agit pas d’installer des jeunes sur une exploitation de polyculture-élevage, mais de participer au financement d’outils pour industrialiser la ruralité. »
« Nous voulons aussi créer du capital symbolique, comme des marques liées au territoire. Il existe par exemple 150 entreprises brassicoles en Argentine. Les bières artisanales ont un grand potentiel. Notre pays compte de nombreux entrepreneurs qui sont souvent de bons producteurs, mais de mauvais vendeurs et qui persévèrent rarement. »

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