La collecte de lait bio s’est établie à 1,23 milliard de litres en 2023, soit un recul de 4,7 % en litrage et 3,5 % en matière sèche utile, selon une note de conjoncture du Cniel (interprofession laitière). « Il s’agit de la première baisse annuelle depuis 2008, indique le document. Au dernier trimestre, la production a même diminué de 9 % par rapport au même trimestre de l’année 2022 ». Le recul de la collecte est particulièrement fort dans les régions sud (-11 % en Occitanie, -10 % en Nouvelle-Aquitaine et -9 % en Auvergne-Rhône-Alpes). La région Aura a perdu 13 % de ses livreurs de lait bio depuis mi-2022. Les deux principales régions productrices – la Bretagne et les Pays de la Loire – enregistrent un recul « conforme à la moyenne nationale ». Seule la Normandie montre une légère hausse de production (0,8 %).
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« Ce recul de la collecte est surtout lié à la baisse du nombre de producteurs bio, dont le rythme s’accélère ces derniers mois en raison de la crise que traverse la filière. En janvier 2024, le nombre de points de collecte bio avait baissé de près de 5 % sur un an, et de près de 8 % depuis mi-2022 », explique la note. La moitié des cessations sont liées à des retours en conventionnel, l’autre à « des arrêts d’activité laitière, notamment par défaut de reprise des fermes », montre une enquête de conversion du Cniel. Début 2024, la France est passée sous la barre des 4 000 livreurs de lait bio, d’après l’Institut de l’élevage. La crise de la filière perdure : en 2023, les ventes se sont situées « 25 % au-dessous de leur niveau de 2019, alors que la production a augmenté de 25 % entretemps », calcule le Cniel. La note relève cependant « plusieurs signaux positifs » pour la filière : les déclassements « s’orientent à la baisse », les achats de la restauration collective « poursuivent leur lente progression » et « le ralentissement de l’inflation permet d’espérer un enrayement de la déconsommation ».