Au travers d’une feuille de route, le conseil régional de Nouvelle-Aquitaine et l’interprofession régionale ont fixé des objectifs pour la transition agroécologique de la filière laitière caprine à l’horizon 2030. Avec 1 200 exploitations caprines, la région est le premier producteur français du secteur.
La région Nouvelle-Aquitaine et la filière caprine s’engagent sur l’agroécologie. À l’occasion du salon professionnel Capr’Inov à Niort (Deux-Sèvres), le président du conseil régional Alain Rousset et Mickael Lamy, président de l’interprofession du lait de chèvre Poitou-Charentes et Pays de la Loire (Brilac), ont signé, le 24 novembre, une feuille de route « en faveur de la transition agroécologique » de la filière caprine en Nouvelle-Aquitaine à l’horizon 2030. Ce plan d’action est financé par la région à hauteur de 4,3 millions d’euros par an, auxquels s’ajoutent 2 millions d’euros d’aides de l’UE (Feader). Il fixe quatre grands axes d’action : « généraliser les pratiques agroécologiques », « amortir les effets du dérèglement climatique », « améliorer la prise en compte du bien-être animal » et « ancrer la production caprine au territoire et assurer le renouvellement des générations ».
Sa signature intervient dans le cadre de la charte Néo Terra destinée à accélérer la transition énergétique et écologique de la région. En 2019, plusieurs objectifs avaient été définis pour le secteur agricole d’ici 2030, dont la sortie des pesticides de synthèse (sauf impasses techniques), la réduction de 30 % les prélèvements d’eau en période d’étiage ou encore la certification de 80 % des exploitations en bio, HVE ou autre démarche équivalente.
Un quart des exploitations en bio
Dans le détail, la feuille de route pour la filière caprine donne plusieurs objectifs ayant trait à la transition des élevages comme celui de passer le nombre d’exploitations en bio de 177 à 300 en 2030 (soit 25 % des exploitations) ou le développement de la certification environnementale des élevages (notamment en HVE). Elle intègre plusieurs programmes de recherche menés dans la région dont une expérimentation, baptisée Patuchev, visant à concevoir « des systèmes d’élevage caprins laitiers durables basés sur la prairie ». Des tests sont menés dans trois troupeaux pour comparer les modèles du pâturage et de l’élevage en chèvrerie afin d’évaluer les différences sur la consommation d’énergie, l’utilisation des intrants, la biodiversité et la viabilité économique de la production.
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La région souhaite également qu’un diagnostic environnemental Cap’2er (calcul des émissions de gaz à effet de serre) soit réalisé dans toutes les exploitations. Ces données serviront de référence pour la filière afin de définir « ses objectifs environnementaux, notamment pour la réduction des GES » pour s’inscrire dans les critères de la Ferme caprine bas carbone.
Un objectif de 400 installations en dix ans
Concernant la gestion de l’eau, le plan définit plusieurs « axes d’action » : la mise au point de systèmes d’élevage économes en eau (diversification des assolements), « la gestion des eaux blanches, du fumier et du lactosérum » et le renforcement de la sensibilisation et du conseil aux éleveurs sur les économies d’eau. Pour le bien-être animal, la feuille de route prévoit notamment la concertation des ONG engagées sur le sujet, l’élaboration d’indicateurs de suivi du bien-être animal (projet Goatwell de l’Anses), la réalisation de diagnostics dans les élevages et un accès à l’extérieur pour les chèvres dans la moitié des élevages. Sur le volet « préservation de la biodiversité », le plan soutient l’action de deux associations travaillant au développement de deux races « à petits effectifs » : la chèvre poitevine et la chèvre pyrénéenne. Enfin, pour assurer la pérennité de la filière, il fixe l’objectif de 400 installations en dix ans et d’inciter 45 % d’élevages à s’engager dans des démarches de différenciation (fermier, AOP, IGP, AB…).
Avec 1 200 exploitations caprines et 19 sites de transformation sur son territoire, la région Nouvelle-Aquitaine est la première région de France pour la production de lait de chèvre. Ses 351 000 chèvres (34 % du cheptel national) produisent 44 % de la collecte nationale, soit 223 millions de litres par an.