Alors que la révision du système de distribution de fruits et légumes et de produits laitiers dans les écoles de l’UE pourrait être proposée par la Commission d’ici la fin de l’année, plusieurs eurodéputés appellent à une hausse du budget actuel, à un renforcement des mesures éducatives et à une réduction de la charge administrative pour les écoles participantes.
Le programme de distribution de fruits, légumes et produits laitiers dans les écoles de l’UE « est loin d’être un succès », grince l’eurodéputé Marc Tarabella (S & D, Belgique) qui a présenté le 29 septembre à la commission parlementaire de l’Agriculture son projet de rapport sur ce dossier. Après l’avoir promis initialement pour 2023, dans le cadre du programme d’actions de la stratégie De la ferme à la table, la Commission européenne pourrait finalement soumettre une proposition de révision de ce dispositif d’ici la fin de l’année. Selon les conclusions d’un rapport, publié en juillet 2022, par le service de recherche du Parlement européen concernant la mise en œuvre de ce programme entre 2017 et 2023 : de 2017 à 2019, 20 millions d’élèves ont pu profiter du programme soit seulement 20 % du nombre d’enfants âgés de 3 à 18 ans. Ce chiffre est même descendu à 16 millions entre 2020 et 2021 en raison de la pandémie de Covid-19.
Soutenu par plusieurs eurodéputés, Marc Tarabella invite notamment Bruxelles à augmenter le budget total de ce programme (220 M€/année scolaire actuellement) mais aussi à envisager une redistribution des fonds entre les États membres lorsque les enveloppes nationales annuelles ne sont pas intégralement consommées. Sur ce point, son collègue Éric Andrieu « ne comprend pas que la France n’utilise que 8 % de son budget annuel d’un montant de 35 M€ alloués par l’UE ». Avec des chiffres si peu flatteurs, l’eurodéputée française Anne Sander (Démocrates-chrétiens) appelle « à une remise à plat complète du programme ».
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Mesures éducatives et charge administrative
Concernant les autres mesures, Marc Tarabella souhaite que les États membres veillent à ce qu’au moins 10 % des fonds qui leur sont alloués au titre du programme soient affectés chaque année à des mesures éducatives. Par exemple en mettant l’accent sur les habitudes alimentaires saines. D’autre part, il appelle Bruxelles à introduire des obligations permettant d’accorder la priorité aux circuits d’approvisionnement courts. Enfin, il demande instamment à la Commission et aux États membres de réduire la charge administrative liée à la mise en œuvre du programme afin d’améliorer les taux de participation et l’utilisation des budgets nationaux.
Sans commenter le contenu du rapport, la Commission a indiqué qu’« elle partageait les mêmes valeurs et qu’elle ne voyait pas de clivages entre les institutions ». Avant de présenter ses propositions de révision du programme, elle publiera prochainement les résultats de la consultation publique qui a été menée sur ce sujet et elle examinera trois études (toujours en cours) pour enrichir sa réflexion.