Le 15 octobre, le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume et la secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie Agnès Pannier-Runacher ont lancé la « concertation sur un projet de décret visant à rendre obligatoire l’étiquetage de l’origine de la viande servie dans la restauration hors foyer », indique un communiqué commun. Les discussions débutent avec « les filières agricoles concernées, les professionnels de la restauration et les associations de consommateurs ». Dans son discours au Space (Rennes), le 10 septembre, Didier Guillaume avait déclaré « remettre en chantier » le travail autour de cette mesure attendue de longue date par les professionnels.
En restauration, seule la viande bovine est actuellement concernée par l’obligation d’affichage de l’origine. Le projet de décret en Conseil d’État vise à étendre cette disposition « aux viandes porcines, ovines et de volaille ». « Il est indispensable d’intégrer les œufs, les ovoproduits, le foie gras et la viande de lapin » dans ce projet, a déclaré Jean-Michel Schaeffer, président de la CFA (aviculteurs), lors de l’assemblée générale du syndicat le 16 octobre. L’obligation d’affichage de l’origine doit s’appliquer « sur tous les segments, pour tous les moments de consommation », a insisté M. Schaeffer. Les éleveurs de volailles de chair sont particulièrement demandeurs de cet étiquetage, car les produits importés sont très présents en restauration, un segment en croissance. « On doit réinvestir la RHD et l’affichage de l’origine est une clé pour ce développement », martèle Paul Lopez, président de la Fédération des industries avicoles (FIA).
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Sous la pression des professionnels, le ministère de l’Agriculture affiche une volonté « d’aller vite » : pour mettre en place cette mesure « au 1er avril 2020 ». Un calendrier qui dépendra de la validation de la Commission européenne, puis du Conseil d’État. Les professionnels, de leur côté, militaient pour une application plus rapide, dès le 1er janvier 2020. « Nous avons pris l’option d’aller à Bercy, raconte la députée Martine Leguille-Balloy (LREM), qui a joué un rôle moteur dans ce dossier. C’est parfois plus rapide que le ministère de l’Agriculture. »
Sous la pression des professionnels, le ministère affiche une volonté « d’aller vite »