Une société de conseil et de co-courtage d’assurance est créée par l’Ania pour faciliter la couverture des risques des PME du secteur agroalimentaire.
Jean-René Buisson a annoncé la création de « Ania Conseil et Assurances » la semaine dernière avant la tenue d’un colloque à Paris consacré à la « prévention, gestion des risques et assurance dans l’industrie alimentaire ». Cette initiative, un peu inédite dans une organisation professionnelle, a été longuement débattue en interne mais elle correspondait à une « forte demande des adhérents », a expliqué le président de l’Ania.
L’industrie alimentaire est exposée à des risques spécifiques et affiche un taux de sinistre près de deux fois plus élevé que d’autres activités. En termes de responsabilité des dirigeants, les obligations s’alourdissent année après année (traçabilité, retraits, etc), parce que les crises sanitaires ont suscité une certaine défiance, consacrée par le fameux principe de précaution et la plupart des PME identifient mal leurs risques faute de structure ad hoc pour les prévenir et les gérer…
Trois ans de débat
Il y a trois ans que le dossier a été ouvert au sein de l’Ania, à un moment où les compagnies relevaient fortement leurs tarifs ou posaient de nouvelles exigences aux entreprises suite à une succession de crises sanitaires et de sinistres d’incendie. La situation est restée tendue au point que bon nombre d’entreprises se voient refuser la couverture de leurs risques. La profession a tout fait pour trouver une solution collective au problème, mais a vite exclu de créer sa propre mutuelle qui aurait supposé de capitaliser d’énormes moyens. Elle s’est contentée de promouvoir sur le site de l’Ania des contrats-types conçus par le courtier AON, mais cela n’a pas suffi.
« Finalement, il nous fallait avoir notre structure de courtage agréée pour agir en toute transparence », commente Jean-René Buisson. SARL contrôlée à 100% par l’association, Ania Conseil et Assurances est dirigée par un de ses cadres, Isaure d’Archimbaud, et va démarcher les entreprises adhérentes des fédérations et des ARIA pour leur proposer des produits sur-mesure pré négociés et pré-tarifés. Il s’agit pour l’heure de deux contrats différents pour les risques dommages/perte d’exploitation d’une part et pour la responsabilité civile des dirigeants.
La mise au point et la diffusion de tels contrats, mission première de la société, sera complétée par une activité de conseil, le tout ayant vocation à dégager du profit, ce qui permettrait de diminuer les cotisations, a précisé le président Buisson, voire d’attirer de nouvelles fédérations.
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Deux premiers contrats
Les premiers produits d’assurance proposés sont le contrat AON Agro négocié en partenariat avec AON Conseil et Courtage qui couvre les risques dommages et pertes d’exploitation et apporte une réponse au problème particulier des «panneaux-sandwich» (très inflammables) sans imposer, comme dans la plupart des contrats, la pose très coûteuse de sprinklers. Ce contrat est offert depuis plusieurs mois par Macifilia, une filiale de la Macif, et a déjà été souscrit par plus d’une quarantaine d’entreprises.
Un deuxième contrat cadre est proposé, celui-là pour couvrir les risques de responsabillité civile des mandataires sociaux et il a été conçu avec Marsh et négocié avec la compagnie Chubb Europe : il s’agit de contrats prénégociés et dans la mesure du possible prétarifés, ce qui permet à l’entreprise de savoir ce qu’elle va payer, pour quelle garantie et pour quels capitaux.
D’autres contrats sont envisagés, notamment dans les domaines de la gestion de crise, du crédit à l’export et pour couvrir des frais de retrait et de contamination. Et dans la mesure où un incident né dans une entreprise rejaillit parfois sur toute une profession, il sera possible d’assurer aussi les fédérations. Dans tous ces cas, la mutualisation des risques via les contrats groupe mis en place permettra de jouer sur les tarifs, à la baisse.
ANIA Conseil et Assurances entend développer peu à peu une bonne connaissance de la sinistralité des différentes branches pour mieux défendre les intérêts du secteur dans les négociations tarifaires.
A terme, d’autres services seront proposés, notamment des ateliers de formation sur des thèmes tels que la prévention dans l’industrie alimentaire, la responsabilité civile produit, la gestion de crise,…