Face aux initiatives des ONG et de la distribution, l’interprofession volaille de chair a créé une commission dans le but de fixer « un socle commun de communication sur le bien-être animal ».
L’assemblée générale d’Anvol, la toute jeune interprofession de la volaille de chair, s’est tenue le 11 avril à Angers. Le sujet choisi pour la journée était la lutte contre « l’avibashing », notamment sur le thème du bien-être animal. Sur ce point particulier, les membres de la filière s’interrogent sur la possible mise en place d’un étiquetage commun pour mettre en avant les pratiques des éleveurs. Le dossier est particulièrement épineux puisque deux groupements d’éleveurs Label rouge ont déjà entrepris un partenariat dans ce sens. Il s’agit des Fermiers de Loué et Fermiers du Sud-Ouest qui ont lancé un étiquetage avec Casino associé à 3 ONG (CIWF, LFDA et OABA). Selon Éric Cachan, président des Fermiers de Loué, cet étiquetage n’a pas pour but de discriminer les autres filières. « Il s’agit de mettre en avant le label rouge sur l’aspect bien-être animal. Chose que nous n’avons pas assez bien fait jusque-là » précise-t-il.
« Chacun est parti de son côté »
Pour permettre à l’interprofession d’avancer unie sur ce dossier, la création d’une commission présidée par Jean-Louis Zwick, président du Comité interprofessionnel de la pintade (CIP). « Chacun est parti de son côté. L’interprofession a le devoir de prendre la main et de se positionner pour un socle commun de communication sur le bien-être animal », a-t-il déclaré. Plusieurs autres intervenants de la table ronde ont encouragé à faire front commun avec les autres filières animales face à l’offensive des associations antispécistes et abolitionnistes de l’exploitation animale.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
« L’interprofession a le devoir de prendre la main »
Des inquiétudes sur les importations
Les importations de volaille de chair devraient représenter entre 42 et 43 % de la consommation française en 2018. Si le palier aux alentours des 40 % atteint en 2012 reste stable, les professionnels ne se réjouissent pas pour autant. Au sein de l’interprofession, les craintes se cristallisent autour d’un Brexit sans accord. Dans ce cadre, les professionnels de la volaille de chair anticipent une arrivée massive des contingents des pays tiers précédemment écoulés au Royaume-Uni sur le reste de l’Europe. « On est en plein paradoxe. Les gens veulent de la viande française avec des exigences sur les conditions d’élevage et en même temps la consommation en restauration domicile augmente », analyse Jean-Yves Ménard, président du Comité interprofessionnel poulet de chair (CIPC). Hors ce segment, qui demande des coûts de production plus faibles, est approvisionné à 65 % par du poulet importé. Dans ce cadre, l’association de promotion de la volaille française (APVF) va lancer une opération sur huit jours pour retrouver de la volaille française dans les boulangeries.