Abonné

Viticulture L’arrachage des vignes ouvert à plus de viticulteurs

- - 3 min

Le conseil spécialisé « vin » de Viniflhor, qui s’est tenu le 4 décembre à Bordeaux sur le salon Vinitech, a travaillé sur le sujet de l’arrachage des vignes pour l’ouvrir aux viticulteurs qui ne répondent pas aux conditions fixées par Bruxelles. Il a retenu le dispositif de l’arrachage temporaire. Le 10 décembre, le conseil a arrêté le montant des primes à la restructuration classique.

Dans la formule retenue par Bruxelles, les primes à l’arrachage des vignes ne peuvent être versées que si l’arrachage est « total » et effectué par les viticulteurs âgés de plus de 55 ans. Le respect de ces conditions ne permet de financer que 10 500 ha sur les 22 500 ha pour lesquels se sont manifestés les candidats à l’arrachage. Lors de sa réunion, le Conseil de direction a imaginé une formule qui permettra de primer quelques milliers d’hectares supplémentaires.

Il s’agit d’un dispositif d’arrachage temporaire qui pourra bénéficier de l’enveloppe destinée à la restructuration du vignoble, allouée par Bruxelles, qui s’élèvera à 65 millions d’euros en 2009 et devrait augmenter les années suivantes.

Dans ce dispositif, chaque bassin (il s’agira de plans collectifs), s’appuyant sur la nouvelle liste nationale de cépages autorisés en France, décidera des cépages « améliorateurs » qui pourront faire l’objet de replantation ainsi que de nouveaux modes de culture tels que la quantité de pieds par hectare, le palissage et l’irrigation, justifiant ainsi l’arrachage des vignes existantes. Chaque hectare pourra générer trois types de primes : une pour l’arrachage, une pour la perte de récolte (qui pourront être versées en 2009) et une autre pour la restructuration (versée l’année de la replantation), pour un montant total allant de 8 000 à 14 000 euros. Ce montant sera arrêté la semaine prochaine par les membres du groupe « restructuration » du Conseil, explique Jerôme Despey, président du Conseil.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Des mesures sociales pour une fin d’année difficile

L’arrachage temporaire concerne toutes les productions viticoles, y compris les AOC qui s’interdisaient jusque là l’irrigation. Il est étendu à tous les bassins de production.

Dans bien des cas, l’arrachage de quelques hectares permettra de générer un peu de trésorerie pour des entreprises en difficulté, reconnaît Jérôme Despey. Les transactions n’ont pas encore démarré et le marché est atone malgré une petite récolte en 2008. Le président du Conseil a demandé au ministre de l’Agriculture de généraliser un certain nombre de mesures sociales telles que la prise en charge des cotisations sociales, l’exonération de la taxe sur le foncier non bâti, la prise en charge des intérêts en cas d’emprunt, la possibilité de prêts de consolidation. Pour les viticulteurs qui n’entreraient pas dans un plan collectif d’arrachage temporaire, Jérôme Despey souhaite un soutien sous forme d’aides à la trésorerie.