Abonné

Vins/Dénominations L’arrivée des « vins de pays vignobles de France » se rapproche

- - 5 min

La création de la dénomination « Vins de pays vignobles de France », que l’Association interprofessionnelle des vins de table et de pays appelle de ses vœux, devrait passer par un contrat de partenariat pluriannuel entre les producteurs et les metteurs en marché. Des prix et des volumes (entre 25 et 60 % de la récolte du producteur) seraient ainsi fixés entre vignerons et négociants et un cahier des charges qualitatif précis devrait être en contrepartie respecté. Avec comme premier objectif une reconquête des marchés étrangers, cette création serait une bonne nouvelle après l’annonce de surstocks records pour cette année. Un décret officiel est attendu pour le courant de 2006.

Après l’annonce peu réjouissante de nouveaux surstocks records, la dénomination « Vins de pays vignobles de France » prend forme. A l’issue de trois ans de travail entre les différents acteurs de la filière, les règles de fonctionnement de cette nouvelle segmentation de l’offre française de vin viennent d’être présentées à la presse. C’est une collaboration entre négociants et producteurs qui devrait permettre à cette nouvelle dénomination de voir le jour. « Complémentaire de celles qui existent, cette création a le soutien de 95 % des syndicats de pays qui représentent avec 10 millions d’hectolitres les deux tiers de la production française de cette catégorie », a déclaré le 3 novembre René Moreno, président de l’Association interprofessionnelle des vins de table et de pays (Anivit). C’est par un accord entre producteurs et metteurs en marché d’une durée minimum de trois ans que les « vins de pays vignobles de France » devraient voir le jour : en échange des prix d’achat et de volumes (entre 25 et 60 % de sa récolte) garantis par le négociant, le producteur devra répondre à des critères qualitatifs précis. Les deux partenaires devront formuler une demande de création de marque à l’Anivit. Une commission paritaire d’arbitrage de l’interprofession sera alors chargée de vérifier le respect du cahier des charges de la dénomination. L’entente sur le prix sera libre mais devra tenir compte du coût à la production (interdiction de vendre à perte) et du prix de la marque, les bouteilles devant pouvoir être vendues au consommateur entre 2 et 5 euros l’unité.

A destination en premier lieu des marchés étrangers

« Il faut gommer l’effet du millésime et les variations gustatives avec l’assemblage de vins de différentes régions », plaide Michel Servage, président du syndicat viticole Vignobles de France créé à cette occasion. Le partenariat avec les producteurs devrait donc permettre aux négociants d’assembler les vins en fonction de la demande des marchés. Des vins bi ou tri-cépages devraient voir le jour pour concurrencer les géants de la Napa Valley et d’ailleurs, avec comme première cible « les nouveaux consommateurs ». Une nouvelle valeur ajoutée pourrait effectivement être apportée sur les marchés étrangers, répondant à la demande récurrente des distributeurs-exportateurs. « Les vins français souffrent à l’international, notamment parce qu’ils ont une image un peu compliquée, voire ringarde. En créant cet agrément, nous ferions un vin simple à comprendre», a expliqué le représentant du négoce, Bruno Kessler, président de l’Association française des embouteilleurs et distributeurs de vins et spiritueux (Afed).

Véritable « serpent de mer » de la viticulture française depuis de nombreuses années, le dossier devrait être enfin soumis au conseil des vins de pays le 8 novembre puis au Conseil de direction de l’Office national interprofessionnel des vins du 15 novembre. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes a d’ores et déjà étudié et proposé un décret définissant cette nouvelle dénomination.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Si la quasi-totalité des fédérations de vins de pays soutiennent ce projet, celle des vins de pays d’Oc, qui représentent tout de même 30% des volumes, manque à l’appel. De leur côté, les responsables de l’Anivit espèrent la publication officielle d’un décret, après signature du ministère de l’Agriculture, pour le courant de l’année 2006.

Par ailleurs, notons que des viticulteurs ont annoncé réduire leur production pour lutter contre la surproduction. L’Onivins a indiqué le 4 novembre qu’une soixantaine d’exploitants de Gironde ont déposé des dossiers pour arracher des vignes contre des compensations financières. Cette campagne d’arrachage, qui court de mi-octobre à fin décembre, s’inscrit dans le cadre du « Plan Bordeaux », financé par des aides européennes et le Comité interprofessionnel des vins de Bordeaux.