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Organisation du commerce L’attitude américaine à l’OMC jugée préoccupante

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Inquiétude à Genève et à Bruxelles, alors que doit se tenir du 30 novembre au 2 décembre la 7e Conférence ministérielle de l’OMC, qui fera le point sur le cycle de Doha. Les Etats-Unis ont toujours du mal à clarifier leur position dans ces pourparlers et, de plus, réclament des efforts supplémentaires à certains de leurs partenaires, au risque de rouvrir des pans sensibles de la négociation.

Après une année passée à mettre en place la nouvelle administration américaine, les élections à mi-mandat l’année prochaine aux Etats-Unis pourraient être un nouveau problème pour la conclusion du cycle de Doha, estime Pascal Lamy dans une interview publiée le 10 novembre par le quotidien italien Il Sole 24 Ore. Selon le directeur général de l’OMC, « les Etats-Unis font preuve de lenteur pour définir une position de négociation claire et articulée (et) le problème, c’est qu’il y aura en 2010 des élections à mi-mandat ». « Le commerce international a évité jusqu’à maintenant une vague de protectionnisme qui aurait pu apparaître avec le cycle économique, mais il n’a pas réussi à se détacher du cycle politique américain », a commenté M. Lamy.

Le risque de rouvrir des pans sensibles de la négociation
De son côté, José Manuel Barroso, qui venait de participer la veille à un sommet euro-américain à Washington, a indiqué le 4 novembre aux membres de la Commission de Bruxelles avoir constaté que, si les Américains persistent à vouloir une conclusion ambitieuse du cycle de Doha, ils considèrent maintenant que certains partenaires tels que le Brésil et l’Inde doivent encore faire des efforts en termes d’accès au marché. D’où, selon le président du collège européen, le risque de rouvrir des pans sensibles de la négociation.

Protectionnisme : « scénario catastrophe évité »
Selon un nouveau rapport de suivi publié le 6 novembre par la Commission de Bruxelles, les principaux partenaires commerciaux de l’UE ont adopté entre octobre 2008 et octobre 2009 plus de 220 mesures susceptibles de restreindre les échanges commerciaux. Il s’agit de barrières commerciales classiques, telles que les interdictions d’importation ou les augmentations de droits de douane, mais aussi d’instruments plus sophistiqués comme des politiques incitant à acheter les produits nationaux. Les barrières classiques à elles seules sont susceptibles de frapper environ 5 % des exportations de l’UE, estime le rapport.
« Ce rapport montre que nous devons rester vigilants même si des cas de mesures protectionnistes sont observés, le scénario catastrophe d’une surenchère de ce type de mesures a été évité », a expliqué dans un communiqué Catherine Ashton, la commissaire européenne au commerce.

Règlement des différends : « un modèle à suivre »
L’OMC, qui joue le rôle d’arbitre dans les contentieux commerciaux entre ses 153 membres, a indiqué le 6 novembre avoir reçu, depuis sa création en 1995, 400 plaintes, impliquant majoritairement les Etats-Unis et l’UE, a-t-elle indiqué vendredi. « Il s’agit sans aucun doute d’un vote de confiance qui plébiscite un système considéré par beaucoup comme un modèle à suivre pour le règlement pacifique des différends qui surgissent au niveau international dans d’autres domaines », a commenté Pascal Lamy dans un communiqué.

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