Le Pôle scientifique AB du Massif central a présenté un travail de comparaison des résultats économiques d’élevages bovin viande, en AB et traditionnels, en région du Limousin. Il en ressort que les exploitations bio obtiennent une bonne valorisation de leur label lorsqu’elles sont autonomes (ou presque) en alimentation du bétail et qu’elles vendent en circuit spécialisé.
En 2005, 1,6% des vaches allaitantes françaises étaient certifiées AB et le Massif central détenait plus de 20% de ce cheptel. Certains des élevages bio régionaux font partie du réseau d’élevage bio du Massif central (22 exploitations sont suivies dont 13 depuis 2001) qui en suit les résultats. Le réseau d’élevage bio, la ferme du lycée agricole de Tulles-Naves-Cornil et la ferme expérimentale des Bordes ont présenté fin septembre les résultats pluriannuels de leurs élevages respectifs qui ont témoigné de bonnes performances techniques et économiques.
Sur le plan de la reproduction, les bilans sont bons et le groupage des vêlages est possible. Les problèmes sanitaires et parasitaires peuvent être maîtrisés grâce à des pratiques préventives. La finition des animaux est bonne avec une alimentation bio.
Les résultats économiques sont positifs avec un résultat courant par Unité de travail humain (UTH) similaire en bio et en conventionnel, en raison de charges opérationnelles nettement plus faibles en bio (moins de frais vétérinaires, non utilisation d’intrants…).
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Importance de l’autonomie alimentaire
Toutefois, l’autonomie alimentaire à l’échelle de l’exploitation est capitale pour obtenir de bons résultats économiques mais elle n’est réalisable que dans des exploitations de polyculture élevage qui pourront mettre en place des rotations adaptées. A titre d’exemple, il faut 100g de viande vive bio pour payer 1 kg de concentré bio contre 85g en conventionnel ; 10% à 15% de la production sert à payer les concentrés (contre 20% en conventionnel). La différence entre le prix du concentré bio (0,34 euros/kg) et le prix du concentré conventionnel (0,22 euros/kg) est important.
Les exploitations 100% herbagères, moins autonomes, devront chercher à vendre le maximum d’animaux dans le circuit bio afin de bénéficier de la plus-value sur le prix, qui leur permettra d’acheter les aliments non produits sur leur ferme.
Mais la valorisation des viandes pose encore problème : toutes ne sont pas vendues dans les circuits bio fautes de filières organisées. Les prix de vente pratiqués dans les différents circuits sont très différents et la valorisation influe beaucoup sur le revenu des producteurs. Etre autonome et vendre tous les animaux en circuit bio sont des clés d’un bon revenu à l’hectare.