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Entreprises L’avenir du pôle frais de Doux sera scellé mercredi 5 septembre

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Le tribunal de commerce de Quimper doit statuer sur les offres de reprise du pôle frais de Doux mercredi 5 septembre. 1 700 emplois sont en jeu. La semaine dernière, les pouvoirs publics ont reçu les cinq candidats à la reprise afin d’améliorer leurs offres.

Le tribunal de commerce statuera sur les offres de reprise du pôle frais du groupe volailler Doux le 5 septembre. Placé en liquidation judiciaire le 1er août avec poursuite d’activité jusqu’au 10 septembre, le pôle frais (1 700 emplois) fait l’objet de cinq offres de reprise. Les groupes Duc, Glon Sanders (filiale de Sofiproteol) associé à Duc, Axereal, LDC et Tallec ont déposé des offres séparées de reprise partielle portant sur les sites de Clémont (Cher), Sérent (Morbihan), Laval (Mayenne), Boynes (Loiret) et Amilly (Loiret). Ces offres ont été déposées le 10 août. Leur examen en Comité central d’entreprise (CCE) a été mal accueilli par les syndicats le 23 août. En l’état, les offres manquaient « d’informations et de transparence », ont commenté les délégués syndicaux à la sortie de la réunion du 23 août. Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture et Guillaume Garot, ministre de l’Agroalimentaire, ont reçu les cinq candidats à la reprise la semaine dernière afin d’améliorer les propositions d’offre, dont la date limite de dépôt était fixée au 31 août. Elles seront présentées le 4 septembre aux représentants syndicaux. Le 5 septembre, le tribunal de Quimper statuera sur les différentes offres. Parallèlement à ces cinq offres, la seule proposition de reprise du site de Graincourt-Lès-Havrincourt (245 salariés et 70 éleveurs), jugée irrecevable par les administrateurs début août, a subi des évolutions et a finalement été jugée recevable fin août. Elle est est portée par le groupe iranien Sahar. « Recevable », oui mais la suspension du projet de canal Seine Nord annoncée le 30 août a fait pencher la balance. « Le groupe iranien ne déposera pas l’offre », a déclaré Roger Houzel, maire de la commune d’Offin voisine de Graincourt, le même jour. Le sort des 254 salariés était donc scellé la veille de la date limite de dépôt des offres. « C’est une énorme déception », poursuit le maire, proche du dossier.

Deux autres sites sans offre de reprise

Par ailleurs, deux autres sites n’ont pas de repreneurs. C’est bien ce qui suscite colère et désespoir chez les salariés du site de Blancafort (244 salariés) et de Pleucadeuc (400 salariés). Pour le premier, les salariés de l’abattoir ont manifesté le 28 août en fin de journée. Et pour cause, le site n’a pas encore fait l’objet d’offre de reprise, l’avenir de leurs emplois est sérieusement compromis. Le 28 août, la Confédération française de l’aviculture (CFA) a apporté son soutien à la manifestation. Christian Marinov, son directeur, demande « au tribunal de commerce et aux pouvoirs publics de prendre toutes les mesures pour laisser le temps nécessaire à la présentation d’offres de reprise complètes ». Pour le site de Pleucadeuc, si aucune offre de reprise n’a été déposée, le plan de continuation de Charles Doux prévoit la sauvegarde de 135 sur 400 emplois. Ce plan de continuation inclut également la poursuite des activités du pôle export et du pôle produits élaborés (1 700 emplois). Néanmoins, ces deux pôles du volailler Doux, non concernés par la liquidation judiciaire, sont en période d’essai jusqu’au 30 novembre. Un examen intermédiaire est prévu le 9 octobre. À l’issue de cette période d’essai, le tribunal de commerce de Quimper décidera soit d’un dépôt de bilan soit d’une deuxième période d’essai de 6 mois. Quoi qu’il en soit, la prochaine décision du tribunal de commerce de Quimper, le 5 septembre, portera sur le pôle frais. « Nous manifesterons devant le tribunal de commerce », a déclaré Fabrice Anot, délégué syndical CGT le 30 août. Ils seront une soixantaine à venir du Nord, « mais c’est sans compter nos collègues des autres sites », tient à préciser le délégué syndical.

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