Après un premier semestre plutôt résilient, le leader français de la volaille est plus prudent pour la moitié de l’exercice, en raison de l’incertitude sur les ventes de fin d’année et de la hausse des matières premières qui pèse sur ses coûts. Pour 2020/2021, LDC table sur un recul de 5 à 10 % de son résultat opérationnel courant par rapport aux 201,5 M€ dégagés lors de l’exercice précédent.
LDC, le numéro un français de la volaille, a annoncé des résultats semestriels qualifiés de « solides dans le contexte actuel » par les dirigeants, lors d’une conférence de presse le 26 novembre. Et preuve qu’il en faut plus pour déstabiliser le groupe dans la recherche de consolidation de ses positions, il a annoncé une acquisition dans le traiteur. LDC a ainsi acheté 60 % du capital de la société Asia General Food, auprès des fondateurs qui conservent les 40 % restants. Cette société qui opère dans la concession en franchise de kiosques à sushis en GMS (Cora notamment) sous la marque Sushi Master, affichait un chiffre d’affaires de 11 millions d’euros en 2019 (+10 % sur un an), avec une marge d’Ebitda de 9 %. Denis Lambert, le président de LDC, vise 80 corners (contre 30 actuellement) d’ici 5 ans avec un chiffre d’affaires de 40 millions d’euros. Cette opération permet à LDC « d’acquérir un nouveau savoir-faire dans les sushis et d’accompagner la grande distribution sur de nouveaux modèles », a-t-il expliqué. Le groupe compte également ouvrir des débouchés à Sushi Master chez d’autres distributeurs.
Un premier semestre solide
Au cours du premier semestre de l’exercice 2020/2021 (clos fin février), le groupe affiche un résultat opérationnel courant (ROC) en hausse de 1,5 % à 89,7 millions d’euros, pour un chiffre d’affaires consolidé quasi stable à 2,12 milliards d’euros, grâce à la contribution des acquisitions (Ramon, Luché Tradition Volaille en France, Kiplama, Marnevall à l'international). À périmètre identique et taux de change constant, les ventes reculent de 1,7 %. À noter que le taux de marge opérationnel courant reste inchangé, à 4,2 % du chiffre d’affaires.
Dans le détail, le pôle volaille (hors amont) affiche un chiffre d’affaires de 1,46 milliard d’euros (+0,7 %). Même si le groupe a pu réallouer une partie de sa production destinée à la restauration collective et commerciale, en panne durant le confinement, vers la consommation à domicile, ce manque à gagner n’a pas été totalement compensé par l’activité en GMS. Mais le groupe a bien résisté grâce au succès de ses produits élaborés et au fort positionnement de ses marques (notamment Le Gaulois, Maître Coq, Loué), ainsi qu’à sa présence sur les MDD, largement mises en avant par les distributeurs durant le confinement.
À l’international, (191,6 M€ de CA), « les intégrations de Kiplama en Belgique et de Marnevall en Hongrie ont permis de limiter l’impact de la crise sanitaire », souligne le groupe. Le pôle traiteur a quant à lui connu un semestre très contrasté. Après un fort repli du chiffre d’affaires (-6,2 %) sur les trois premiers mois de l’exercice, en plein confinement, les ventes se sont reprises (+0,8 %) au deuxième trimestre en même temps que l’assouplissement des mesures sanitaires. Au final, le chiffre d’affaires du traiteur marque un repli de 2,9 % à 289,6 millions d’euros.
Un bilan renforcé
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Sur ce semestre, LDC conserve un bilan solide, avec une hausse de ses capitaux propres à 1,43 milliard d’euros au 31 août 2020 (contre 1,33 Mrd€ au 31 août 2019). La trésorerie nette se monte à 82,6 millions d’euros (contre -4,5 millions d’euros au 31 août 2019 et 21 millions d’euros lors de l’exercice 2019/2020). La capacité d’autofinancement grimpe quant à elle de 4,6 % à 152,7 millions. De quoi sécuriser le groupe dans la poursuite des investissements programmés par LDC sur l’exercice à hauteur de 200 millions d’euros, dont 85 millions ont déjà été réalisé au premier semestre.
Baisse du ROC prévue sur l’exercice en cours
Le second semestre risque d’être plus compliqué, en raison de la crise de la Covid-19, dont les conséquences pèsent non seulement sur la consommation, mais également sur la hausse des matières premières. « Depuis le début de l’été, nous constatons de forte hausse du prix du blé, du soja et du maïs. Il nous faudra obtenir des revalorisations tarifaires de nos clients », prévient Denis Lambert. L’aliment représente 60 % du prix de revient d’un poulet et la hausse actuelle des matières premières qui totalise 18 % sur un an, représente une hausse des coûts de 5 millions d’euros par mois pour le groupe. En conséquence, LDC doit revaloriser ses prix de vente de 6 %. Une augmentation qui représente entre 0,15 et 0,20 euro sur le prix d’une barquette de filet de poulet pour le consommateur. LDC qui entrera dans le vif des négociations avec les distributeurs en janvier, indique avoir pour l’instant « une oreille plutôt attentive de la grande distribution, par rapport à ce que j’ai connu dans le passé, souligne Denis Lambert. Mais rien ne dit qu’ils vont accepter », s’empresse-t-il d’ajouter. Pourtant, « il faut que toute la filière joue le jeu. C’est une responsabilité collective. Ce n’est pas affaiblissant les maillons de la filière que nous allons nous en sortir. Nous sommes confiants », conclu le patron de LDC.
Quant aux ventes de produits festifs pour les fêtes de fin d’année, une période qui représente habituellement « plus de 50 % d’un mois normal », selon Denis Lambert, ce dernier est bien incapable de faire des pronostics, mais reste confiant.
En conséquence, les dirigeants escomptent une baisse du résultat opérationnel courant comprise entre 5 et 10 % sur l’ensemble de l’exercice en cours. Le ROC était de 201,5 millions d’euros en 2019/2020.