Le numéro deux français de la volaille a fortement ressenti l’impact de la canicule, mais celui-ci a été quelque peu compensé par une bonne résistance du groupe durant les premiers mois de l’année, ce malgré la faiblesse de la consommation. Au total, LDC estime avoir « surperformé » le secteur au premier semestre de son exercice 2003-2004.
LDC a maintenu le cap au cours des six premiers mois de son exercice 2003-2004. La performance est appréciable, compte tenu du contexte du secteur de la volaille (baisse de la consommation et effondrement du prix de produits concurrents tels que le porc, hausse des importations, restructurations des entreprises…), qui a perdu 4,6 % en valeur en GMS (à fin août 2003, Sécodip, Nielsen). Aussi, pour son exercice 2003-2004, le groupe prévoit le maintien du résultat d’exploitation de l’activité volaille en France, une croissance du chiffre d’affaires de 15 % et un résultat d’exploitation déficitaire d’environ 1 million d’euros de l’activité traiteur. Il attend des résultats à l’équilibre à l’international. Pour l’heure, au premier semestre de l’exercice 2003-2004, malgré des tonnages globaux en baisse à 175 millions de tonnes contre 184 millions sur la période correspondante de l’exercice précédent et un chiffre d’affaires à 717,6 millions d’euros en retrait de 4,1 %, LDC a enregistré un résultat net part du groupe après amortissement des survaleurs de 14,4 millions d’euros, quasi identique à celui réalisé sur la période correspondante de l’exercice précédent (14,3 millions d’euros).
Montée en gamme
L’essentiel du chiffre d’affaires du groupe est généré par son activité historique de la volaille (volaille ordinaire, volaille label, produits découpés, produits élaborés…), dont les marques phares sont Loué et Le Gaulois. Le p.-d.g. de LDC, Denis Lambert, s’est félicité que le groupe ait montré une « bonne résistance malgré la faiblesse de la consommation » entre les mois de janvier et juin, mais il a déploré que dans la seconde partie de l’année, il ait subi « l’impact négatif de la canicule sur l’activité et la rentabilité ». Cette bonne résistance serait due à une montée en gamme continue de l’offre vers les produits élaborés et/ou à label, lesquels représentent désormais 50 % des volumes et 64 % du chiffre d’affaires.
La canicule, qui a encore fait chuter la consommation, a eu un impact à tous les niveaux. À la production, elle a provoqué une forte mortalité (4 millions de volailles de chair), des retards de croissance, et des pertes de poids des volailles (environ 10 %, soit une semaine de production) qui ont engendré une perte de 1 500 tonnes en volume et de 1,7 million d’euros en valeur ; et à l’abattage, elle a engendré une baisse du rendement matière et une chute de la productivité. Le résultat d’exploitation du pôle volaille est à -7,6 % et son chiffre d’affaires a baissé au premier semestre de l’exercice à 654,8 millions d’euros, soit -5,7 % (-1,6 % à périmètre identique). Une autre conséquence de la canicule a été la chute de la production de céréales et la hausse des prix qui s’en est suivie, aggravée par la faiblesse de la récolte ukrainienne et entretenue par l’arrivée des fonds spéculatifs américains. LDC a choisi de « redistribuer à l’amont » pour soutenir les éleveurs de volailles, atténuer les hausses des prix des céréales et rétablir les marges tout en maintenant la hausse de ses prix au deuxième semestre entre 5 à 6 % afin de ne pas porter le prix du poulet à des niveaux trop élevés. Et sans pour autant rogner sur ses marges.
Relais de croissance
Un pôle d’activités complémentaires comprend des produits traiteur (pizzas, crêpes, sandwiches…) et est considéré malgré des performances « contrastées » comme un « véritable relais de croissance ». Au premier semestre 2003-2004, son chiffre d’affaires a progressé de quelque 16,7 % à 62,8 millions d’euros et ses pertes d’exploitation ont été divisées par deux à 0,5 million d’euros (contre
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1,1 million d’euros en 2002-2003). Dans ce secteur, LDC a pour objectif de gagner un point de résultat d’exploitation par an. L’activité sandwiches a bondi de 105,1 %, une croissance qui a pesé provisoirement sur les résultats, la demande forte ayant entraîné des frais de personnel plus importants que prévu. Cet été, le groupe a en effet préféré livrer ses clients même si la rentabilité du fonctionnement de son outil industriel devait s’en ressentir. Les ventes de plats cuisinés ont progressé de 9,3 %, tandis que celles de pizzas et tartes salées se sont repliées de 14,2 % et celles de produits ethniques de 6,1 %. Denis Lambert reconnaît que le niveau de qualité des pizzas notamment reste inférieur à celui proposé par « l’artisan du coin de la rue ».
Pertes d’exploitation
À l’international, présent en Espagne et en Pologne dans la volaille, le groupe a enregistré dans ces pays un résultat d’exploitation en perte de 1,3 million d’euros en raison notamment de ses investissements publicitaires et commerciaux. En Pologne, le groupe a renforcé le contrôle de gestion et intensifié ses efforts commerciaux. Il a diminué le poids des ventes à destination des grossistes pour se réorienter vers la grande distribution (Carrefour, Champion, Bos, Rowita, Biedronka, Kaufland…) et l’exportation (20 % des ventes contre 30 % pour la grande distribution et 50 % pour les grossistes). En Espagne, l’intégration d’Avilaves a été bénéfique pour les résultats qui, dans ce pays, seront positifs pour l’exercice.
S’il est un signe de la vigueur du groupe volailler, c’est bien le niveau de ses investissements. LDC compte investir 54 millions d’euros cette année (le montant annuel moyen s’établit à 45 millions d’euros). LDC est coté à la Bourse de Paris depuis 1995. Son capital se répartit comme suit : la famille Lambert détient 41,8 %, la famille Chancereul 18,5 %, la famille Huttepain 10 %, la famille Guillet 5 %, BNP Paribas 4,5 %, le public et l’autocontrôle 20,3 %. Le groupe a réalisé un chiffre d’affaires de 1,5 milliard d’euros en 2002-2003 dont 17 % à l’international. Il détient 29 sites de production, emploie 9 400 personnes et dispose de filiales de production et de commercialisation en Espagne et en Pologne.