La boulangerie vendéenne La Boulangère, propriété de Norac, parie sur le bio et la contractualisation avec les producteurs de blé et d’œufs de la filière Agri-éthique. Les produits à la marque la Boulangère Bio veulent ainsi se démarquer du bio élaboré à partir de matières premières importées et dépourvues de label équitable.
La gamme bio de la Boulangère, un des précurseurs du bio en GMS depuis 17 ans, franchit un nouveau palier en ajoutant la dimension équitable à ses produits. Depuis ce mois de septembre, la farine biologique utilisée pour les produits à la marque la Boulangère Bio provient de la filière Agri-éthique. C’était déjà le cas pour les œufs bio depuis janvier dernier. Pour cela, la Boulangère a signé des contrats d’engagement de 5 ans avec les agriculteurs pour le blé et de 3 ans avec les éleveurs de poules.
Le directeur général de la Boulangère Christophe Aillet explique sa démarche : « Le seul label AB n’est pas suffisant pour défendre nos valeurs et notre engagement pour le bio, l’équitable et le local, c’est pourquoi nous avons étendu notre partenariat avec Agri-éthique. » La Boulangère connaît déjà bien la filière blé Agri-éthique puisqu’elle a signé un premier contrat en 2012, pour des livraisons à partir de 2013. Mais il s’agissait alors uniquement du blé conventionnel, avec un contrat tripartite entre l’industriel, le meunier (Minoterie Girardeau) et les agriculteurs coopérateurs de la Cavac. En 2016, la Boulangère a aussi adhéré à l’association 1 % For The Planet, et lui reverse depuis 1 % du chiffre d’affaires des produits à la marque la Boulangère Bio.
Vers un bio à 2 vitesses ?
L’industriel reconnaît que son engagement équitable représente un coût supplémentaire. « Les matières premières labellisées Agri-éthique sont 15 % plus chères, ce qui correspond à un surcoût sur le produit fini de 6 à 7 %. » À quelques semaines du début des négociations commerciales, la Boulangère devra convaincre les distributeurs d’accepter une hausse de tarif. Christophe Aillet, qui dit « craindre un bio à deux vitesses », espère ainsi se démarquer d’une concurrence qui émerge entre produits biologiques, et qui exige une différenciation. Il se montre en même temps confiant pour poursuivre sa politique de refus des promotions excessives (au-delà de -10 %) en vigueur depuis le lancement des premières références la Boulangère Bio en 2001.
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La Boulangère & Co déclare réaliser environ 300 millions d’euros de chiffre d’affaires par an, dont 60 millions d’euros à la marque la Boulangère. 30 % des ventes des produits à sa marque sont des références biologiques, auxquelles s’ajoutent des ventes sous la marque Bien destinée aux magasins spécialisés biologiques (montant non communiqué). L’entreprise fait partie du groupe Norac (840 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2017), piloté par Bruno Caron, et s’appuie sur 6 sites industriels en France, dont 3 en Vendée.
Agri-Ethique rejoint Commerce Equitable France
Commerce Équitable France, le collectif du secteur, valide l’adhésion de deux acteurs des filières agricoles françaises, le label Agri-Ethique France, et l’association de producteurs Bio Loire Océan, a-t-il indiqué le 21 septembre. Agri-Ethique France touche 14 coopératives et plus de 1 000 producteurs, pour des ventes de 173 M€. Bio Loire Océan rassemble 70 producteurs de fruits et légumes bio en région Pays de la Loire. Ces deux structures du commerce équitable « made in France » rejoignent ainsi quatre autres adhérents du collectif qui ont déjà initié des relations équitables avec des agriculteurs français. Ces nouvelles adhésions « sont des atouts pour peser dans les débats sur les régulations des filières agricoles et alimentaires, dans la suite des États généraux de l’alimentation et sur la future réforme de la Politique agricole commune », a commenté Marc Dufumier, président de Commerce Équitable France.