FranceAgriMer a souligné le 14 octobre un regain de compétitivité du blé français face aux concurrents de la mer Noire. L’établissement national augmente ses prévisions d’export vers les pays tiers à 6,7 Mt de blé tendre (contre 6,6 Mt), conséquence de cet alignement des prix entre les diverses origines. Deux explications sont avancées, dont une météo défavorable sur la mer Noire amputant les récoltes en Roumanie, Bulgarie et en particulier Ukraine qui voit sa production abaissée de 1,5 Mt (à 25,5 Mt). Mais il y a surtout un fort renchérissement du blé russe, lié à de la rétention chez les agriculteurs capables de financer leurs semis d’hiver. La France profite aussi d’une forte demande chinoise. Son début de campagne, influencé par une faible moisson, reste malgré tout timide : 1,3 Mt en trois mois contre 2 Mt en 2019-20 sur la même période.
Autre caractéristique de 2020-2021, un rééquilibrage des destinations, avec l’Algérie qui ne pèse plus que 28 % (contre 64 % l’an dernier). L’Afrique subsaharienne (29 %) « reste fidèle », note l’adjointe au chef de l’unité Grains et sucre Marion Duval, avec près de 370 000 t. C’est la Chine (28 %) qui apparaît comme la destination montante, à 363 000 t (contre 117 000 t l’an dernier sur la même période). Le « fait marquant » des trois premiers mois de 2020-2021 est bien là, considère le chef de l’unité Grains et sucre Marc Zribi : l’Empire du Milieu anime le marché avec de gros achats, liés d’une part à la météo et à la demande domestique, notamment pour l’élevage avicole et porcin. D’autre part, Pékin manifeste une volonté de renforcer ses stocks face aux aléas sanitaires, économiques, politiques, en ces temps de crise Covid et de tensions commerciales, rapporte-t-il.
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Mais l’actualité qui tient en haleine les opérateurs, c’est aussi l’ouverture du cahier des charges algérien vis-à-vis des blés de la mer Noire. Cela aura « peu d’incidences sur cette campagne », rapporte Marc Zribi.
L’export vers les pays tiers revu en hausse