Aidé par la faiblesse de l’euro, le blé français se montre compétitif, a noté Agritel le 28 août. Un atout pour relever le défi qui se présente à l’export compte tenu de la grosse récolte 2019.
Le prix du blé français est « historiquement bas » par rapport au concurrent russe, a souligné Agritel le 28 août : 5 à 7 $/t Fob moins cher, a indiqué le chef analyste Nathan Cordier. Une compétitivité nécessaire vu les 20,1 Mt disponibles à l’export, dont 11,3 Mt vers les pays tiers, selon Agritel. Bonne nouvelle, l’origine France a signé le 27 août une vente de 60 000 t en Égypte, ce qui est « plutôt rare aussi tôt dans la campagne », a-t-il souligné. « Il ne faudra pas mollir et rester compétitif tout au long de la campagne », a estimé le DG Michel Portier. Pour lui, « le blé français est au bon prix pour la course à l'export ».
La concurrence reste forte sur le marché mondial. Côté mer Noire, le disponible en blé à l’export est proche de celui de l’an dernier : la Russie affiche sa deuxième meilleure récolte de l’histoire (75,2 Mt), l’Ukraine des rendements au sommet (4,15 t/ha). L’UE voit sa production rebondir à 149,7 Mt, au niveau de la moyenne quinquennale, et les États-Unis enregistrent une bonne moisson et d'importants stocks de départ.
Baisse des prix
Résultat : le marché est sous pression, en baisse de près de 15 €/t rendu Rouen depuis le 1er juin. Le blé français se situe à 187 $/t Fob, contre 260 $/t Fob l’an dernier, au plus haut en août, note Agritel. Cette chute doit relancer les échanges mondiaux, d’après la société de conseil qui table sur 161,6 Mt (contre 156 Mt en 2018-19). « L’an dernier, les prix mondiaux autour de 220-240 $/t ont limité les achats des grands importateurs, explique Nathan Cordier. Ils sont tombés aujourd’hui à 180-195 $/t, ce qui doit stimuler la demande. »
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L’évolution des taux de change monétaire favorise les exportations françaises. Depuis janvier, l’euro a perdu 3 % face au dollar quand le rouble a gagné 5 % et la grivna ukrainienne plus de 10 %. Seul le peso s’est fortement dévalué, de 32 % par rapport au billet vert. L’Argentine représente donc un sérieux concurrent pour la deuxième partie de campagne, lorsque les récoltes de l’hémisphère sud arrivent. Une production record est annoncée dans le pays, à 20,8 Mt de blé. Elle sera en compétition avec l’origine France sur le marché algérien, notre principal débouché. Sauf si les élections argentines du 27 octobre modifient la donne. Une hausse des taxes à l’export, initialement supprimées par le président Mauricio Macri, pourrait revenir sur la table, considère Agritel.
Un marché au « potentiel de baisse limité »
« Dans le scénario pessimiste d'une contre-performance commerciale du blé français lors des quatre prochains mois, le risque d'une chute additionnelle des cours à la mi-campagne est à craindre », souligne Agritel. Mais la reprise du commerce mondial et le faible niveau des stocks chez les grands pays exportateurs laissent espérer un « potentiel de baisse limité des prix » au long de la campagne, selon Michel Portier qui juge « les voyants plutôt au vert ».
L’origine France actuellement « au bon prix pour la course à l'export »