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Le blé noir tradition Bretagne défend ses spécificités

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L’association Blé noir tradition Bretagne a dénoncé le 19 octobre une « concurrence déloyale » sur le marché des produits à base de sarrasin, défendant son IGP (Indication géographique protégée) obtenue en 2010. « On subit une très forte concurrence des importations, a indiqué sa directrice Christine Larsonneur. Certains meuniers utilisent des symboles bretons pour leurs produits qui souvent ne sont pas 100 % de la région. »

Blé noir tradition Bretagne, l’organisme de défense et de gestion (ODG) de la farine du même nom, met en avant les spécificités d’une production « cultivée, stockée, écrasée en Bretagne ». Cette filière, vieille de 30 ans, rassemble aujourd’hui 1 400 producteurs, 9 meuniers, 3 organismes stockeurs (dont Agrial et Triskalia). Elle revendique 20 à 30 % de parts de marché avec comme ambition d’atteindre « entre 50 et 60 % », selon Christine Larsonneur. D’où le besoin d’affirmer ses différences par rapport à une concurrence venue d’autres régions françaises mais surtout des pays de l’Est, Pologne en tête, également de Chine.

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L’IGP farine de blé noir de Bretagne est issue de sarrasin cultivé « en Bretagne historique », sur des sols acides de type granitique ou schisteux, a précisé en conférence de presse Michel Le Friant, responsable du pôle céréales de Triskalia. Leur pH doit être inférieur à 6,5. C’est ce qui donne au produit une saveur particulière, combinant « pointe d’amertume » et « goût de noisette », d’après Catherine Delhommel, la directrice du Moulin de la Fatigue. Le blé noir ne peut revenir sur une même parcelle que tous les trois ou quatre ans, après une culture intermédiaire piège à nitrates (Cipan), jamais à la suite d’une légumineuse (sauf en bio), l’idée étant d’apporter une garantie sans pesticides. Pour une qualité optimale, le délai entre récolte et séchage doit rester sous 48 heures, la température de séchage sous 60 °. La caractéristique sans gluten est quant à elle difficile à préserver, vu les contaminations croisées. Mais l’association là aussi montre sa différence : « On fait de la pédagogie en demandant aux agriculteurs de vider le fond de moissonneuse-batteuse dans le fossé pour les 20 à 50 premiers mètres de récolte », raconte Michel Le Friant.