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FNSafer Le bonheur bientôt dans le pré pour Antoine de Boismenu

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C’est suffisamment rare pour être remarqué. Un directeur d’organisation agricole qui décide, sur le tard, de devenir agriculteur. C’est le cas d’Antoine de Boismenu, directeur de la FNSafer qui compte s’installer avant ses 40 ans en tant qu’éleveur pour faire de la fourme d’Ambert… fromage d’Auvergne à pâte persillée. Tout un programme pour celui qui a passé près de 14 années, « une petite carrière » selon ses propos, dans l’univers impitoyable des OPA. Il devrait être remplacé par André Barbaroux, ex-directeur de Cnasea.

Séquence émotion au siège de la FNSafer, à Paris le 19 juillet. Antoine de Boismenu, directeur de l’organisation pendant trois années, a décidé de changer de vie après 14 années passées au sein des OPA (organisations professionnelles agricoles). Il a le projet de devenir agriculteur en Auvergne… au pays de la fourme d’Ambert. Le bonheur sera bientôt dans le pré pour ce futur jeune agriculteur qui se donne encore quelques mois pour monter son projet d’installation. Cet ancien directeur du CNJA se retrouve donc de l’autre côté du miroir.

Un lobbyste hors pair

Celui qui a été salué par le président André Thévenot notamment pour ses qualités de lobbyiste – « le meilleur de la place parisienne» lors des débats sur la loi d’orientation agricole – sera logiquement remplacé par André Barbaroux au poste de directeur de la FNSafer. Antoine de Boismenu n’a pas résisté au plaisir, d’ailleurs partagé par l’assistance invitée à son pot de départ, de se livrer à quelques réflexions sur ses 14 années passées dans le monde des OPA. Morceaux choisis :

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Un constat s’impose pour Antoine de Boismenu : « Il y a trop d’OPA ». Mais « c’est bien quand même. Pour une carrière c’est pratique », s’empresse-t-il d’ajouter. Sans oublier la possibilité de déjeuner avec tous les directeurs : « Ça nous tient l’an ! Avec quelques kilos en plus ». A l’opposé, il n’y a pas assez d’élus agricoles ! Ne sachant plus où donner de la tête, ils sont donc « obligés de multiplier les casquettes». La vie serait mal faite… Et ce jeune directeur d’organisations avoue avoir eu l’impression, tout au long de sa carrière, « d’animer un pool de secrétaires » afin de réussir à obtenir un rendez-vous avec les élus surbookés.

Les OPA ont une « mémoire »

Une confidence ne venant jamais seule, on sait aujourd’hui qu’Antoine de Boismenu « a fait une thèse » sur ce qu’il appelle « la mémoire des structures agricoles ». En clair, « on remarque que les mêmes comportements se répètent à intervalles réguliers quelle que soit la date de création de l’OPA en question». Les sujets de réflexion deviennent récurrents et les rapports d’orientation se ressemblent même si les élus et leur « staff » ont l’impression de refaire le monde agricole, explique-t-il. « Ce côté mimétique empêche le monde agricole d’aller vers l’avant», regrette Antoine de Boismenu. « Tous les jeunes élus deviennent moins jeunes, voire très vieux… Ils sont également motivés par le pouvoir comme tout un chacun ». Dans ce contexte, Antoine de Boismenu, lui, a choisi de prendre l’air… de la campagne. Bon vent !