Abonné

Tour de vignoble Le bordeaux en attente d'une reprise de la production et des ventes

- - 3 min

Le vignoble de Bordeaux est en attente d'une reprise de la production et de la commercialisation. Les professionnels annoncent une vendange en forte hausse par rapport à celle de 2013, quoique d'un niveau à peine conforme aux moyennes. Cette reprise de la production laisse augurer une amélioration de la commercialisation. Il le fallait, car celle-ci a fléchi sur le marché intérieur et plus encore à l'export en 2013/2014.

Le Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB) a confirmé début novembre ce à quoi s'attendent les milieux vinicoles et économiques : le niveau de la vendange 2014 est « nettement supérieur à celui de 2013 ». Mais il sera certainement « inférieur à celui de la moyenne décennale », qui est de 5,5 millions d'hectolitres. Le montant de la production de vins de Bordeaux n'est pas encore connu.

Effritement du marché intérieur

Cette reprise de la production permettra au vignoble bordelais de se remettre de son creux de 2013, qui porté un coup à la commercialisation en 2013/2014. Un coup que le CIVB a quantifié. Durant la campagne passée, c'est-à-dire du 1er août au 31 juillet, les ventes sur le marché intérieur ont reculé de 4% par rapport à la campagne précédente (seules les ventes réalisées en GMS, hors hard discount sont comptabilisées). Une érosion un peu plus rapide que celle de l'ensemble des vignobles AOP français (appellation d'origine protégée) qui a été de 3%. Le chiffre d'affaires des vins de Bordeaux sur le marché intérieur français s'est tassé de 1% seulement. Le marché intérieur représente 58% de la production du vignoble des vins de Bordeaux.

Les ventes de vins rouges AOP ont reculé de 4%. Le prix moyen des vins rouges de Bordeaux s'est élevé de 3%, un peu moins que la moyenne des vins rouges AOP français (+4%). À l'inverse, les ventes de blancs de Bordeaux ont progressé de 3%. Les vins blancs représentent 8% de la production du vignoble. Les rosés quant à eux (7% des vins du Bordelais) ont vu leur commercialisation régresser de 5%.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Export : les Britanniques achètent beaucoup moins cher

Le marché intérieur a joué le rôle de stabilisateur par rapport à celui de l'export, avec une assez faible diminution du débouché et avec des prix en hausse. Le marché de l'exportation, lui, a enregistré une baisse des débouchés plus nette (-8%), et un repli du chiffre d'affaires plus brutal (18%). Le débouché du Royaume-Uni, première destination des Bbordeaux en valeur jusque-là, a plongé de 5% en volume, et surtout de 43% en valeur. « Ce ralentissement est le reflet d'une modification de la structure des envois au détriment des produits les plus valorisés », commente le CIVB. Du coup, le marché britannique n'est plus le premier en valeur, il est passé second, derrière la Chine. Mais la Chine elle-même, premier marché à l'export pour les vins de Bordeaux, a réduit ses importations de 25% en volume, et de 26% en valeur.

Avec ce plongeon des importations britanniques en valeur et des importations chinoises en volumes, le Bordelais mise sur la reprise de l'offre pour reprendre des parts de marché.