Le Brésil pourrait fournir la planète entière en éthanol comme additif à 10 % dans les essences, sans toucher à la forêt amazonienne. C’est ce qu’a déclaré le 2 juin à Paris Marcelo Poppe, chercheur au Centre de recherche pour la stratégie (CGEE), basé à Brasilia.
Le Brésil serait largement capable de produire assez d’éthanol pour faire rouler toutes les voitures à essence du monde avec un taux de 10%, selon Marcelo Poppe. Cet ex-consultant pour la confédération de l’industrie brésilienne s’exprimait en tant qu’invité par le Cevipof, laboratoire de recherche de Sciences Po, lors d’un colloque, le 2 juin, sur les possibilités d’expansion de la canne à sucre pour l’éthanol sans toucher à la forêt amazonienne.
La canne à sucre pour la production d’éthanol représente environ quatre millions d’hectares au Brésil, soit à peine 5% de la surface cultivée et 0,5% de la superficie du pays. Marcelo Poppe estime que la surface de canne pour l’éthanol, loin de faire concurrence aux cultures alimentaires et de grignoter la forêt, pourrait s’étendre davantage.
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Actuellement, la canne à sucre est implantée sur des terres dégradées ou pâturées, a-t-il indiqué. Les pâturages représentant environ 200 millions d’hectares et, avec 200 millions de têtes de bétail, une amélioration de 20% de la productivité de l’élevage libérerait 40 millions d’hectares, surface sur laquelle la canne pourrait s’étendre, a-t-il calculé.
Pour donner un ordre de grandeur, le chercheur brésilien a souligné que la surface de canne-éthanol est très inférieure à celle du soja : environ un sixième. « Afin de promouvoir l’addition de 10% d’éthanol à toute l’essence consommée dans le monde (1,3 milliard de mètres cubes), il faudrait 136,5 milliards de litres de bioéthanol, dont la production, dans les conditions brésiliennes, demanderait 23 millions d’hectares, superficie équivalente à celle occupée actuellement par le soja dans le pays ». Tout cela sans tenir compte des progrès prévisibles de la génétique et des procédés industriels, a ajouté Marcelo Poppe.