Le ministre brésilien de l’agriculture, Reinhold Stephanes, estime que son pays peut « multiplier par deux sa production agricole sans couper un seul arbre en Amazonie ». Pour le moment, l’agriculture n’utilise que 7,3 % du territoire brésilien, essentiellement pour l’élevage. Non seulement dans le secteur de la viande bovine, les éleveurs ont la possibilité d’intensifier la production en faisant passer le nombre moyen de bêtes à l’hectare dans les pâtures de seulement 1 aujourd’hui à 1,5 voire 2 par hectare. Mais aussi dans les autres secteurs comme le soja ou la canne à sucre, des marges de manœuvre considérables existent encore.
Pour le moment, quelque 50 millions d’hectares sont mis en culture au Brésil. Selon M. Stephanes, 90 millions d’hectares de savanes « peuvent encore être utilisés », principalement dans le centre du pays. En tout état de cause, « l’agriculture n’est pas en cause dans la déforestation », aux yeux du ministre qui insiste sur l’obligation, pour les propriétaires terriens en Amazonie, de maintenir 80 % de leur exploitation à l’état naturel. Dans les zones moins sensibles, cette contrainte de préserver une partie des espaces naturels passe à 50 % voire 30 % dans le sud du pays.
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Pour développer sa production, le Brésil compte aussi sur l’intensification de ses efforts de recherche. Dans le secteur du bétail, de belles réussites ont déjà été enregistrées, mais la filière fait encore partie des priorités nationales avec le soja, la volaille, le porc, le café et les oranges. En ce qui concerne le soja, l’objectif de Brasilia est de parvenir au même niveau de productivité que les Etats-Unis, indique un sénateur spécialiste des questions de recherche qui précise d’ailleurs que les crédits publics alloués à l’innovation vont doubler dans les prochaines années pour passer de 1 à 2% du PIB.