Vers le « net zéro carbone » d’ici à 2050 : le Comité Champagne renforce ses objectifs de développement durable, auquel s’ajoute un volet innovation justifiant une hausse de 50 % du budget à 30 M€.
« La filière champagne est une des rares à s’inscrire dans la trajectoire fixée par l’Accord de Paris », a souligné le 14 février le co-président Maxime Toubart. Lors d’une conférence de presse au salon Wine Paris & Vinexpo, le Comité interprofessionnel du vin de Champagne (CIVC) a mis le cap sur le « net zéro carbone » d’ici à 2050. Une histoire qui s’accélère. Dès 2003, la Champagne était la première région viticole au monde à réaliser un bilan carbone. Il s’agit maintenant de réduire de 75 % les émissions, développer des puits de carbone, compenser les émissions incompressibles.
L’action « net zéro carbone » s’inscrit dans la continuité des résultats déjà obtenus : traitement à 100 % des effluents vinicoles et à plus de 90 % des déchets industriels, diminution de 20 % de l’empreinte carbone par bouteille depuis 2003. 63 % des surfaces viticoles sont aujourd’hui concernées par la certification environnementale et l’objectif est d’atteindre 100 % en 2030. Avec son nouveau plan de filière, le champagne veut aller plus loin dans le développement durable. Cela confirme une volonté d’en finir avec les herbicides. Et amplifie ses objectifs de biodiversité et de végétalisation du vignoble, les efforts pour la préservation de la vie des sols et des aménagements paysagers.
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10 M€ de budget en plus
Au « défi majeur » de la durabilité s’en ajoute un autre côté production. Il s’agit de lutter contre les maladies, notamment la flavescence dorée, une jaunisse incurable. « Si on ne fait rien, elle deviendra le phylloxéra du XXIe siècle », a prévenu Maxime Toubart, en référence au puceron qui avait décimé la quasi-totalité du vignoble français fin XIXe siècle. Le Comité Champagne veut « préparer la viticulture de demain et préserver la typicité des vins dans un contexte de changement climatique ». De quoi justifier une hausse de 50 % de la contribution au budget annuel de l’interprofession d’ici 2027. Son budget annuel grimpera progressivement de 20 M€ à 30 M en cinq ans.
Des moyens supplémentaires sont annoncés pour la recherche, le développement, l’innovation. À l’horizon 2025, le CIVC disposera d’un nouveau centre R & D, avec un plus grand laboratoire, « des équipements de pointe » (cuverie expérimentale, salle de dégustation, plateforme expérimentale de 1 ha). Des travaux porteront sur les maladies de la vigne. De nouveaux cépages adaptés au changement climatique seront aussi expérimentés. Pour pérenniser la disponibilité et la qualité de ses vins, le vignoble travaille déjà sur de nouvelles variétés, des moyens de lutte contre le dépérissement, des itinéraires d’entretien du sol, de nouvelles stratégies œnologiques.