Le Haut conseil de la santé publique a rendu le 23 août un avis mettant en avant un système d'étiquetage nutritionnel reposant sur cinq couleurs. Avant l'été, l'Anses, puis le CNA avaient l'un comme l'autre émis des doutes sur la mise en œuvre et la pertinence d'un tel système.
Sans grande surprise, l'avis rendu par le Haut conseil de la santé publique (HCSP) concernant l'information nutritionnelle des aliments va dans le sens du système de codes couleurs défendu par le ministère de la Santé (Agra Alimentation du 23 juillet). « Sur la base des données disponibles à ce jour, l'analyse a permis de montrer que seul le système 5-C répond aux critères de pertinence et de faisabilité d'un système d'information nutritionnelle synthétique », indique le HCSP dans son avis rendu public le 23 août. Ce système des cinq couleurs allant du vert au rouge « présente les trois qualités qu'un étiquetage nutritionnel devrait posséder : la capacité d'attirer l'attention du consommateur, la simplicité et traduction de valeurs nutritionnelles quantitatives en information ayant plus de sens », précise encore la haute instance.
L'ANIA TOUJOURS OPPOSÉ AUX CODES COULEURS
La loi de Santé, défendue par Marisol Touraine, qui sera examinée à partir du 14 septembre par le Sénat, prévoit dans son article 5 un étiquetage de couleurs sur les aliments afin notamment de prévenir l'obésité. Un système d'étiquetage facultatif dans un premier temps, dont la version finale n'a pas encore été arrêtée, mais qui s'appuie sur les recommandations du professeur Serge Hercberg, loin de faire l'unanimité auprès des professionnels. Distributeurs et industriels de l'agroalimentaires, tous favo-rables à une bonne information nutritionnelle des consommateurs, sont en revanche clairement opposés au système préconisé par le ministère de la Santé qu'ils jugent stigmatisant. « Le débat actuel sur l'information nutritionnelle est très important. Nous devons éviter l'écueil de le réduire à cinq couleurs. Chaque partie prenante peut et doit éclairer le débat de sa connaissance des consommateurs, des comportements alimentaires en France et des enjeux nutritionnels. Des expérimentations en conditions réelles sont indispensables pour construire un dispositif adapté et efficace », a déclaré Jean-Philippe Girard président de l'Ania au lendemain de l'avis du HCSP.
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LA FCD AVANCE SUR SES TRAVAUX
De leur côté les grandes enseignes membres de la FCD (Fédération du commerce et de la distribution) poursuivent leurs travaux, avec les industriels, experts et autres professionnels afin de proposer un autre système d'étiquetage nutritionnel, basé sur le calcul nutritionnel des aliments et la fréquence de consommation. La FCD prévoit toujours de lancer un test grandeur nature de son système à l'automne.
De son côté, le Fonds français pour l'alimentation et la santé (FFAS) fort des ensei-gnements tirés d'une conférence scientifique organisée en juin dernier « sur l'impact de différents systèmes simplifiés d'information nutritionnelle mesuré en laboratoire et en conditions réelles dans un petit nombre de magasins », se dit prêt à piloter une expérimentation en conditions réelles. Cette expérimentation prendrait en considération tous les avis publiés à date dont ceux du HCSP, de l'Anses et du CNA, précise le communiqué publié le 26 août. « Il est très important que l'État s'assure que le système dont il recommandera la mise en œuvre puisse être facilement compris par les consommateurs et donc convenablement utilisé. Les enjeux, ce sont la santé publique et la crédibilité de la parole publique », a déclaré Christian Babusiaux, le président du FFAS.