Abonné

Légumes transformés Le conserveur Minerve a bon appétit de croissance

- - 5 min

Minerve, conserveur breton de pousses de haricots mungo aussi appelés pousses de soja, de marrons et d’une gamme de produits asiatiques, leader sur ses marchés, prépare son avenir dans le plus grand secret, au moyen d’un important investissement programmé dans les prochains mois.

Au cœur de l’été, la discrète société Minerve, implantée sur deux sites, à Quéven dans le Morbihan pour la production et Quimperlé dans le Finistère pour l’expédition, a injecté 1 million d’euros dans son usine de production. L’investissement n’a apporté aucune surface supplémentaire à l’outil d’une superficie de 7 000 mètres carrés. Il tient davantage « du réaménagement avec l’installation de nouvelles lignes », commente Pedro Quintana, associé depuis dix ans à Gérard Percevaux, fondateur de la société en 1968. L’objectif consiste à accroître les capacités de production de Minerve et la sécurité alimentaire de ses fabrications pour, in fine, « conserver une progression annuelle du chiffre d’affaires de 20 à 30 %».

Avec 80 salariés permanents, la PME a réalisé l’an passé des ventes de 25 millions d’euros, trois fois supérieures au montant enregistré il y a dix ans, ce pour la commercialisation de près de 55 millions de boîtes et verrines, tous formats confondus. Pousses de soja, marrons ou crèmes de marrons, salades de bambous, litchies constituent la gamme bien à part de cette petite société à la notoriété de qualité très forte, selon M. Quintana. Minerve réalise 70 % de ses ventes dans les GMS, et le reste dans l’industrie, la restauration commerciale et à l’exportation, qui pèse 10 % de l’activité.

Nouveau dossier d’investissement

L’opération industrielle réalisée chez Minerve ne forme que la partie visible de l’iceberg. L’entreprise a en effet déposé un dossier en vue d’investir très prochainement 2,5 à 3 millions d’euros dans la construction d’une usine neuve de 4 000 mètres carrés, sur un terrain attenant à son unité existante. Elle est actuellement dans l’attente du feu vert des autorités, lesquelles commencent à étudier le dossier. Le site ne devrait pas être opérationnel avant le premier semestre 2006, précise Pedro Quintana. « Nous y transfèrerons l’ensemble de notre culture de soja et toute notre fabrication», poursuit ce dernier. L’automatisation du process devrait être maximisée, mais dans le respect du savoir-faire artisanal de Minerve. Un atout sur le marché, comprend-on à écouter le dirigeant.

Plus important : Minerve développera de nouveaux produits, comme des sacs aluminisés de cinq kilos destinés à l’industrie, et des innovations en direction du consommateur. Sans rien en dévoiler, M. Quintana consent juste à indiquer qu’elles réuniront les grands principes de la consommation d’aujourd’hui : praticabilité et culinarité. En d’autres termes, les innovations chez Minerve apparaîtront demain autant dans les recettes que dans l’emballage.

Sur ses niches de marché, la société morbihannaise règne en maître. Une avance qui frise même la domination absolue dans les pousses de soja, historiquement le premier métier de l’entreprise. Minerve s’arroge 90 % de parts de marché en France en cumulant marques de distributeurs et les activités sous sa marque propre.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Production en propre de pousses de soja

Aussi l’entreprise se comporte-t-elle comme une grande. Elle a toujours eu le souci de maîtriser la qualité de ses approvisionnements. Elle produit la totalité de ses pousses de soja à Quéven, dans un atelier où température et hygrométrie sont dirigées. La méthode est si secrète, que Minerve interdit toute visite, y compris à ses acheteurs.

Ses marrons ? Elle les achète dans la région de Naples en Italie, à la société de production Parpenio Frutta avec laquelle elle a noué des participations croisées minoritaires dans les deux cas, souligne M. Quintana, mais suffisamment importantes chez le partenaire italien pour guider ses investissements.

A l’intérieur de l’usine de Quéven, toute l’organisation industrielle s’appuie sur la méthode HACCP. Minerve affirme tracer l’intégralité des flux entrants et sortants. « Nous sommes actuellement capables de signer une boîte de marrons de la photo du producteur», souligne Pedro Quintana. Soufflage de toutes les verrines réceptionnées sur la palette retournée pour s’assurer qu’aucun débris de verre est au fond, vérification par rayons X de l’absence de tout corps étranger dans les boîtes : les exemples de la volonté de Minerve de tendre le plus vers le zéro défaut sont nombreux. L’étape prochaine consistera à décrocher le nouveau référentiel européen IFS (International Food System). Il permettra à Minerve de conforter ses relations avec les enseignes de la grande distribution qui pourront se contenter, explique M. Quintana, « de contrôler les produits plutôt que l’ensemble du process ».

A quel niveau de chiffre d’affaires se situera Minerve dans cinq ans ? Le dirigeant table sur une quarantaine de millions d’euros qui devrait être atteint assez rapidement. La progression devrait être soutenue par une campagne de communication active, pas encore à la télévision, mais dans la presse écrite.